Programme Cocoa & Forest knowledge exchange : Première session technique, animée par Kinomé

Ce mercredi 24 mars, s’est tenue en ligne la première session technique animée par Kinomé, du programme Cocoa & Forest Knowledge Exchange soutenu par la Banque Mondiale. Pour rappel, ce programme vise à lutter contre la déforestation et promouvoir une filière cacao durable en créant dans 6 pays des ambassadeurs du cacao agroforestier. 

 

 

La session de mercredi s’est structurée autour de trois grands moments : 

 

  • Une introduction à la partie technique du programme. En effet, après trois sessions conduites par notre partenaire Alisos sur la création d’alliance, la session de mercredi marquait le début d’un nouveau chapitre du programme. Les participants ont reçu une explication approfondie des thématiques abordées dans les webinaires techniques. 

 

  • Une formation technique autour du design de systèmes agroforestiers. Yohann Fare, Responsable des filières durables chez Kinomé, a apporté son éclairage sur plusieurs sujets, comme l’ombrage des parcelles. Partick Jagoret, agronome au CIRAD et actuellement à la tête du projet Cocoa4Future, était présent. Invité par Kinomé, il a présenté aux participants les résultats de ses recherches au Centre-Cameroun sur les systèmes agroforestiers complexes et la gestion alternative des bioagresseurs. Les participants ont également profité de l’expertise de Richard Asare, agronome à l’IITA et spécialiste de la résilience de la cacaoculture face au changement climatique grâce à l’agroforesterie. Il a abordé en détail le design des systèmes agroforestiers et l’importance de trouver des associations qui correspondent aux besoins des petits producteurs. 

 

  • Une formation technique autour de la création de partenariat public-privé et du financement de projet cacao durable. Yohann Fare a évoqué l’importance de travailler tous ensemble pour atteindre notre but commun : un cacao qui ne déforeste pas et qui rémunère justement les producteurs.  L’équipe de Kinomé a ensuite fait travailler les participants – venants aussi bien du privé que du public – sur les partenariats public-privé (PPP) et les moyens de travailler ensemble. Par ailleurs, Andréanne Grimard est intervenue pour présenter EcoTierra, un partenaire de Kinomé sur plusieurs projets. EcoTierra est un développeur de projets forestiers et agroforestiers durables qui encourage la création de partenariats solides.

 

Lors de travaux en petits groupes, les pays ont été mélangés pour la première fois. Les Brésiliens et les Colombiens ont ainsi échangé avec les Ivoiriens sur les réussites des projets de cacao en agroforesterie dans leurs pays. Les Ghanéens ont quant à eux eu l’occasion de discuter des blocages pour l’implantation pérenne de l’agroforesterie dans la chaine de valeur cacao avec les Péruviens et les Dominicains.  Tous ont recherché des solutions concrètes pour lutter contre la déforestation et promouvoir une filière cacao durable à travers l’agroforesterie. Lors du webinaire, les participants ont manifesté leur enthousiasme d’avoir pris part à ces dialogues intercontinentaux. C’est d’ailleurs tout l’enjeu du Cocoa & Forest Knowledge Exchange programme. Car si à l’échelle nationale les acteurs de la filière cacao généralement se connaissent, le programme permet d’encourager un dialogue entre les continents.

 

L’équipe de tournage d’Aado Media sur une parcelle du projet de Santender, Colombie, 2021, ©Aado Media

 

Afin de « ramener le terrain en ligne », Kinomé a diffusé lors du webinaire des vidéos de deux projets agroforestiers (celui de la coopérative de Santender en Colombie et celui de la coopérative de Camayé en Côte d’Ivoire). Ces vidéos ont été tournées par un partenaire de Kinomé, AADO MEDIA, fin février et début mars. Les splendides images et les discours touchants des personnes interviewées ont ravis les participants et ont permis de faire découvrir l’agroforesterie latino-américaine aux Africains et inversement. 

 

Kinomé a donné rendez-vous le 14 avril aux participants pour la session technique numéro 2 du programme. Ce sera l’occasion d’aborder une nouvelle thématique : comment travailler avec les petits producteurs. Une question qui tient à cœur des deux côtés de l’Atlantique depuis le début du programme. 

Demain n’attend pas ! Le podcast qui donne la parole à Nicolas Métro

 

Grande joie de recevoir NICOLAS METRO, fondateur de l’entreprise KINOME pour ce nouvel épisode de Demain N’attend Pas.

Après une première vie classique et brillante de cadre dirigeant chez LVMH, Ubisoft et M6, Nicolas a choisi de dédier son temps aux Arbres . Il travaille pour que nous, nos enfants, nos petits enfants -d’ici et d’ailleurs- puissions vivre pleinement grâce à une nature riche et diverse. 💪

Nicolas est parti d’un constat simple, on n’abat pas un arbre qui a de la valeur debout. Depuis, avec son équipe et ses nombreux partenaires, il fait travailler des scientifiques et réalise des projets qui permettent d’apporter de la valeur aux forêts un peu partout dans le monde et en particulier en Afrique. Parce qu’ils apportent nourriture, eau, soins et ressources économiques aux communautés d’hommes et de femmes qui vivent à leurs cotés, les arbres sont alors protégés, replantés, valorisés. Plus d’un million de personnes ont déjà vue leur vie quotidienne s’améliorer concrètement grâce à ces projets.

 

🎙 Dans cet épisode, Nicolas nous raconte comment cette envie de se mettre au service de la nature a progressivement germé et l’a amené à quitter le confort de sa vie de cadre.

🎙 Il nous fait découvrir comment Kinomé s’attèle à la résolution de problèmes complexes de revalorisation des forêts, en rassemblant toutes les parties prenantes autour de la table : autorités du pays, institutions internationales, scientifiques, entreprises, ong, & communautés locales.

🎙 Et il présente également ce qu’il fait chez nous, en France, avec le programme Forest&Life, pour replanter mais surtout pour sensibiliser les futures générations à leur lien avec la nature, en faisant planter un arbre aux enfant avant leur 10 ans.

J’ai la conviction que le message de Nicolas vous touchera tous. Il nous parle de notre relation avec la Nature, du temps long et redéfinit la valeur d’une entreprise par la richesse des liens qu’elle crée.

 

Nous vous souhaitons une très belle écoute !

 

5 ans de l’Accord de Paris : l’action de Kinomé pour l’adaptation au changement climatique en Afrique de l’Ouest

Depuis l’Accord de Paris sur le climatil y a un début de prise de conscience mondiale de l’urgence d’agir pour le climat. En Afrique, de nombreux pays agissent depuis cinq ans pour adapter leur développement économique, leur agriculture ou encore la gestion de leurs forêts, face au changement climatiqueC’est le constat que fait Damien Kuhn, directeur des opérations internationales chez Kinomé, qui accompagne plusieurs gouvernements d’Afrique de l’Ouest dans la révision de leurs priorités pour le climat.  

 

Au mois de décembre 2020, l’Accord de Paris sur le climat célébrait ses cinq ansEn 2015, à l’occasion de la COP21, 183 pays se sont engagés à agir pour contenir la hausse des températurede la planète en dessous de 2 °CA l’échelle des pays cet engagement s’est traduit en objectifs de « contributions déterminées au niveau nationales » (CDN). Revues tous les 5 ans, les CDN donnent le cap et permettent de mettre en place des solutions concrètes d’atténuation et d’adaptation au dérèglement climatique. Malgré certains blocages politiques qui ont mis à mal la réalisation des engagements pris par les pays signataires, de nombreux gouvernements ont agi pendant ces cinq ans en faveur de leur transition écologiqueEn Afrique, des pays comme la Côte d’Ivoire ont par exemple beaucoup investi dans les énergies renouvelables, se dirigeant ainsi vers un développement décarbonné. 

 

Kinomé a réalisé un profil de risque climatique du secteur agricole de Côte d’Ivoire, 2020

 

Depuis un an, Kinomé accompagne les gouvernements de la République du Congo (Congo-Brazzaville), de la Côte d’Ivoire et de la République de Guinée dans la redéfinition de leurs CDN. Grâce à sa vision globale, Kinomé pilote des groupes de travail dans les secteurs de l’agriculture et de la gestion des forêts, en y associant tous les acteurs concernés 

L’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses impacts au niveau local sont des thèmes centraux de l’Accord de ParisComprendre comment le changement climatique impacte la vie quotidienne des populations est donc une étape essentielle pour mettre en place de solutions efficacesC’est donc en concertation avec des groupes d’habitants, des associations, les collectivités locales et services techniques des régions, que Kinomé fait émerger les enjeux au niveau local. En Côte d’Ivoire, le changement climatique pose par exemple deproblèmes de santé pour les habitants de certaines régionsLes variations climatiques font que les pluies tombent moins souvent mais de façons plus fortes, provoquant des problèmes d’érosion et d’eau stagnante. Cela favorise la propagation de maladies et de moustiques porteurs du paludismeSur la base de cette première étude Kinomé propose alors aux gouvernements des mesures d’adaptation qui pourront être déployées à grande échelle par les ministères des secteurs concernés 

 

Mangroves, Sénégal, Projet Collectif 5 Deltas

 

Avec l’objectif d’impulser la résilience des écosystèmes face au changement climatique, Kinomé coordonne également des projets plus opérationnels. Sur les zones côtières en Guinée Bissau et au SénégalKinomé fait partie du Collectif 5 Deltas pour protéger les mangrovesLa montée des eaux et l’érosion mettent en péril l’écosystème des mangroves et l’activité économique de nombreux habitants de la région qui en dépendent pour la production d’huîtres, de coquillages et de poissons. Le projet du Collectif 5 Deltas a permis de planter plus de 2 millions de palétuviers sur les deux dernières années. Les arbres plantés restaurent les zones côtières dégradés, préserve l’économie locale et séquestrent le CO2 de l’atmosphère. Cette initiative privée, portée par le Collectif 5 Deltas (le Collectif regroupe ADWAC, APIL, APTE, ASAPID, COSPE, FFHC, ECLOSIO, Grdr Migration-Citoyenneté-Développement, Kart, Kinomé, Le Partenariat, Nebeday, TARUD, United Purpose) contribue ainsi à la réalisation des objectifs du Sénégal et de la Guinée Bissau dans le cadre de leur CDN de l’Accord de Paris.  

 

La prise en compte des impacts du changement climatique sur la vie quotidienne des populations sera déterminante ces cinq prochaines années pour la réalisation, à l’échelle de chaque pays, des objectifs fixés par l’Accord de Paris. Aujourd’hui, démarre en ligne le Sommet pour l’Adaptation aux Changements Climatique. Organisé en préparation de la COP26 qui se tiendra cette année à Glasgow, le sommet sera l’occasion pour les gouvernements de réaffirmer leurs engagements pour le climat et aux acteurs locaux et mondiaux qu’il rassemble de trouver des solutions concrètes et innovantes pour l’adaptation et la résilience des sociétés face aux impacts du dérèglement climatique.  

Kinomé célèbre ses 15 ans !

Ce mois de novembre 2020 marque le 15ème anniversaire de Kinomé. 

15 ans c’est l’âge où les jeunes veulent changer le monde et s’engagent de plus en plus pour le climat, la biodiversité, la réduction des inégalités

 ! 🌳🤲🌍 

Parce que c’est la seule façon -et quelle belle façon !- de faire face aux défis immenses d’aujourd’hui, nous souhaitons renforcer les liens qui se sont créés au cours de ces 15 années … et en créer de nouveaux, comme un arbre déploie ses branches et ses racines…

 

Le risque climatique en Côte d’Ivoire

Kinomé a réalisé au premier semestre 2020 avec Baastel et une équipe d’experts partenaires (Marc Daubrey, Nick Dale, Blandine L’Heveder) un profil de risque climatique du secteur agricole de Côte d’Ivoire. 

 

Cette étude financée par le Fonds Vert Climat vise à :

  • Faire une synthèse des risques climatiques du secteur agricole du pays par culture et par zone,  
  • Modéliser l’impact macro-économique pour les filières principales (manioc, cacao, etc.) 
  • Evaluer les risques à court-terme et moyen-terme du secteur  
  • Donner des bases de construction d’un indice de vulnérabilité du secteur agricole et des orientations pour des futures études de vulnérabilité sur le terrain 

 

En Côte d’Ivoire la température moyenne nationale a augmenté de 0,5 à 1,0 °C depuis 1961 et les études les plus récentes prévoit que les températures augmenteront jusqu’à 1,8 °C en 2050 et 2,1 °C en 2070, et 3°C à la fin du siècle, les plus fortes hausses étant enregistrées dans le Nord et l’est du pays. Ces augmentations de température menacent non seulement la production et les rendements agricoles mais aussi l’intégrité physique des populations du nord du pays, et en particulier des agriculteurs. Le nombre de jours par an avec une température apparente supérieure à 39°C passera de moins de 20 jours/an à plus de 100 jours/an dans le Nord d’ici la fin du siècle.  

 

Cette étude montre que les impacts des changements climatiques diffèrent pour les produits agricoles de base. Le riz ou les racines et tubercules devraient bénéficier des changements de conditions climatiques tandis que les légumes et autres céréales sont fortement affectés par l’évolution du changement climatique (-4,3% et -12% de rendement par rapport à un scénario sans changement climatique). Les impacts du changement climatique englobent d’autres aspects majeurs pour la vie et la vulnérabilité des populations telles que la destruction d’infrastructure et pertes nettes agricoles lors d’évènements extrêmes (sécheresses, feux, inondations), le déplacement des zones de culture, et la forte variabilité des rendements. 

 

La restitution et la formation à l’indice de vulnérabilité a eu lieu fin septembre à l’occasion de la première mission terrain de l’équipe Kinomé depuis février orchestrée par Damien Kuhn en Côte d’Ivoire.