Retour au Sénégal avec la SOPREEF

Du 16 au 30 Juin 2021, l’équipe de Kinomé s’est rendue dans le département de Foundiougne au Sénégal afin de rencontrer notre partenaire historique l’entreprise solidaire SOPREEF 

 

Installée depuis plus de 15 ans dans la ville de Sokone, porte d’entrée du Sine-Saloum, la Sopreef et Kinomé travaillent ensemble depuis 10 ans sur le programme EESF (Eau, Energie, Solidarité Foundiougne), grâce également au soutien financier de l’entreprise Reforest’Action. 

 

Le département de Foundiougne est situé dans le bassin arachidier, zone du pays qui abrite la moitié de la population. Or, d’un point de vu agricole, la production intensive de l’arachide pendant de nombreuses années a dégradé les sols de la région et entrainé une spécialisation de l’économie rurale (et donc une dépendance des paysans à l’arachide). Dans la région, la production n’arrive plus à résoudre les problèmes financiers des agriculteurs. 

 

Dans ce contexte, le projet EESF a pour objectif de contribuer au développement des populations rurales, et favoriser l’accès à l’énergie et à l’eau de qualité dans la région de Sokone, commune du département de Foundiougne (zone sud de la région Fatick). Pour se faire, les leviers utilisés sont la plantation d’arbres, la valorisation des produits agroforestiers et la création de filières économiques pérennes à partir d’huiles végétales de qualité.Le programme sensibilise également les jeunes aux enjeux liés à la plantation et à l’intégration des arbres dans le paysage, à travers des ateliers et des plantations au sein même des établissements scolaires. 

Abdou Salam Mbodi, bénéficiaire du projet EESF au sein de son terrain dans lequel il a intégré récemment des arbres avec le programme EESF

 

En 10 ans, ce sont plus de 220 000 arbres qui ont été parrainés par Reforest’Action et plantés dans le département. Ces plantations ont permis d’améliorer significativement les conditions de vie des populations locales et l’état de santé des écosystèmes forestiers de la zone.

 

Néanmoins à l’échelle de la région de Fatick, la consommation de bois de chauffe, principale source d’énergie des populations, l’installation de scierie dans la zone il y a plusieurs dizaines d’années, ainsi que l’évolution de pratiques agricoles dommageables pour l’environnement (culture sur brûlis, labour profond etc.) ont sérieusement dégradé les sols dans certaines zones. C’est le cas de la vallée de Djikoye, situé à l’extrême sud de la région, à la frontière avec la Gambie. Le problème de dégradation des sols menace les activités agricoles, pastorales et forestières, pourtant essentielles aux populations de la zone. Il est aujourd’hui devenu presque impossible d’y cultiver sans un apport conséquent d’engrais et de produits chimiques.

 

Zone de ravinement dans le village de Keur Gadi

 

Constatant la dégradation progressive de la vallée, Kinomé et la Sopreef ont souhaité développer leur partenariat, et étudier les moyens de lutter contre cette érosion et ainsi lutter contre l’exode rurale et redonner un avenir aux populations de la zone. Cette mission était alors l’occasion pour nous de mener ensemble une étude de faisabilité dans la zone. Ces visites ont permis de réaliser un diagnostic de l’état de santé des sols, de rencontrer les populations de la vallée et d’échanger avec eux sur leur quotidien et leur vision de leur territoire puis d’identifier les pratiques adaptées à cette restauration des sols.  

 

Echange avec les populations de Keur Seni Gueye sur la situation agricole et les perspectives d’avenir.

 

Finalement, cette mission a permis de dessiner les contours d’un projet de restauration et d’aménagement des terres qu’il reste à définir et à mettre en place. Il est apparu évident que le défi de la restauration de la vallée de Djikoye doit passer par une approche complète et des pratiques complémentaires : restauration de la fertilité par l’amendement des sols via du compost, l’intégration d’arbres fertilitaires, et autres pratiques durables ; La mise en place d’aménagements anti-érosifs tels que diguette, cordons pierreux etc ; mais également la sensibilisation des populations sur ces enjeux ainsi que la création de valeur économique pour redynamiser la vallée et permettre aux agriculteurs de vivre de leur activités. Un projet qui pourrait démarrer dans le courant de l’année 2021, à suivre donc… ! 

Evaluation des besoins en renforcement de capacités des institutions et instituts de formation en charge de l’adaptation au changement climatique au Niger

Début mai, Kinomé s’est rendu au Niger afin d’évaluer les besoins prioritaires en renforcement de capacités des institutions et instituts de formation en charge de l’adaptation aux changements climatiques. 

 

Dans ce pays où les effets du réchauffement climatique se font d’ores et déjà sentir (sécheresses récurrentes, précipitations irrégulières, augmentation du risque d’inondations, violentes tempêtes de sable, invasions destructrices de sauterelles), le gouvernement s’est historiquement engagé à soutenir les efforts de lutte contre le changement climatique dans ses stratégies nationales de développement. Si plusieurs plans visent aujourd’hui à réduire la vulnérabilité du pays face au changement climatique, il y a encore une manque d’expertise et des capacités institutionnelles et financières insuffisantes pour les mettre pleinement en œuvre. 

 

Afin de combler ces lacunes et de renforcer les capacités nationales en matière de changement climatique à tous les niveaux de planification et de budgétisation, le Fonds Vert Climat (https://www.greenclimate.fund/) finance un projet « Faire progresser la Planification et la Budgétisation de l’Adaptation à moyen et long terme au Niger ». 

 

Pour la première phase de ce projet, Kinomé s’est donc rendu au Niamey pour animer des ateliers visant à évaluer les capacités et les compétences des institutions nationales et des instituts de formation impliquées dans l’Adaptation au Changement Climatique. Ces deux ateliers ont réuni 60 personnes et ont permis de déterminer à la fois le niveau actuel des capacités et compétences sur l’adaptation au changement climatique mais aussi la situation souhaitée dans le but d’élaborer un plan d’action pour atteindre ce niveau souhaitable. 

 

Lors de ces ateliers, Kinomé a pu collecter de nombreuses données qui doivent désormais être compilées et analysées pour servir de base au développement de programmes de formation adaptés et permettant d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans les politiques et les stratégies au plus haut. 

 

 À la fin de l’année 2021, l’équipe se rendra donc une seconde fois au Niger pour mettre en œuvre une partie de ces formations ! 

 

Prise par Damien : Monsieur Boukar Abba, ancien ministre de l’agriculture et de l’élevage et gouverneur de la région, fait équipe avec Kinomé pour la mise en œuvre des ateliers à Niamey

Prise par Damien : Niamey, Fleuve Niger

Webinaire du 16 avril !

SAVE THE DATE ! 📣   Retrouvez-nous le 16 avril !

Rejoignez le collectif Forest&Life pour nous aider à déployer le programme à grande échelle en France ! Forest&Life permet aux écoliers de découvrir les forêts du monde en classe et de replanter une forêt dégradée de leur territoire et en solidarité avec un pays au sud !

Inscrivez-vous ici 👉  https://docs.google.com/…/1FAIpQLSftB…/viewform

Programme Cocoa & Forest knowledge exchange : Première session technique, animée par Kinomé

Ce mercredi 24 mars, s’est tenue en ligne la première session technique animée par Kinomé, du programme Cocoa & Forest Knowledge Exchange soutenu par la Banque Mondiale. Pour rappel, ce programme vise à lutter contre la déforestation et promouvoir une filière cacao durable en créant dans 6 pays des ambassadeurs du cacao agroforestier. 

 

 

La session de mercredi s’est structurée autour de trois grands moments : 

 

  • Une introduction à la partie technique du programme. En effet, après trois sessions conduites par notre partenaire Alisos sur la création d’alliance, la session de mercredi marquait le début d’un nouveau chapitre du programme. Les participants ont reçu une explication approfondie des thématiques abordées dans les webinaires techniques. 

 

  • Une formation technique autour du design de systèmes agroforestiers. Yohann Fare, Responsable des filières durables chez Kinomé, a apporté son éclairage sur plusieurs sujets, comme l’ombrage des parcelles. Partick Jagoret, agronome au CIRAD et actuellement à la tête du projet Cocoa4Future, était présent. Invité par Kinomé, il a présenté aux participants les résultats de ses recherches au Centre-Cameroun sur les systèmes agroforestiers complexes et la gestion alternative des bioagresseurs. Les participants ont également profité de l’expertise de Richard Asare, agronome à l’IITA et spécialiste de la résilience de la cacaoculture face au changement climatique grâce à l’agroforesterie. Il a abordé en détail le design des systèmes agroforestiers et l’importance de trouver des associations qui correspondent aux besoins des petits producteurs. 

 

  • Une formation technique autour de la création de partenariat public-privé et du financement de projet cacao durable. Yohann Fare a évoqué l’importance de travailler tous ensemble pour atteindre notre but commun : un cacao qui ne déforeste pas et qui rémunère justement les producteurs.  L’équipe de Kinomé a ensuite fait travailler les participants – venants aussi bien du privé que du public – sur les partenariats public-privé (PPP) et les moyens de travailler ensemble. Par ailleurs, Andréanne Grimard est intervenue pour présenter EcoTierra, un partenaire de Kinomé sur plusieurs projets. EcoTierra est un développeur de projets forestiers et agroforestiers durables qui encourage la création de partenariats solides.

 

Lors de travaux en petits groupes, les pays ont été mélangés pour la première fois. Les Brésiliens et les Colombiens ont ainsi échangé avec les Ivoiriens sur les réussites des projets de cacao en agroforesterie dans leurs pays. Les Ghanéens ont quant à eux eu l’occasion de discuter des blocages pour l’implantation pérenne de l’agroforesterie dans la chaine de valeur cacao avec les Péruviens et les Dominicains.  Tous ont recherché des solutions concrètes pour lutter contre la déforestation et promouvoir une filière cacao durable à travers l’agroforesterie. Lors du webinaire, les participants ont manifesté leur enthousiasme d’avoir pris part à ces dialogues intercontinentaux. C’est d’ailleurs tout l’enjeu du Cocoa & Forest Knowledge Exchange programme. Car si à l’échelle nationale les acteurs de la filière cacao généralement se connaissent, le programme permet d’encourager un dialogue entre les continents.

 

L’équipe de tournage d’Aado Media sur une parcelle du projet de Santender, Colombie, 2021, ©Aado Media

 

Afin de « ramener le terrain en ligne », Kinomé a diffusé lors du webinaire des vidéos de deux projets agroforestiers (celui de la coopérative de Santender en Colombie et celui de la coopérative de Camayé en Côte d’Ivoire). Ces vidéos ont été tournées par un partenaire de Kinomé, AADO MEDIA, fin février et début mars. Les splendides images et les discours touchants des personnes interviewées ont ravis les participants et ont permis de faire découvrir l’agroforesterie latino-américaine aux Africains et inversement. 

 

Kinomé a donné rendez-vous le 14 avril aux participants pour la session technique numéro 2 du programme. Ce sera l’occasion d’aborder une nouvelle thématique : comment travailler avec les petits producteurs. Une question qui tient à cœur des deux côtés de l’Atlantique depuis le début du programme. 

Demain n’attend pas ! Le podcast qui donne la parole à Nicolas Métro

 

Grande joie de recevoir NICOLAS METRO, fondateur de l’entreprise KINOME pour ce nouvel épisode de Demain N’attend Pas.

Après une première vie classique et brillante de cadre dirigeant chez LVMH, Ubisoft et M6, Nicolas a choisi de dédier son temps aux Arbres . Il travaille pour que nous, nos enfants, nos petits enfants -d’ici et d’ailleurs- puissions vivre pleinement grâce à une nature riche et diverse. 💪

Nicolas est parti d’un constat simple, on n’abat pas un arbre qui a de la valeur debout. Depuis, avec son équipe et ses nombreux partenaires, il fait travailler des scientifiques et réalise des projets qui permettent d’apporter de la valeur aux forêts un peu partout dans le monde et en particulier en Afrique. Parce qu’ils apportent nourriture, eau, soins et ressources économiques aux communautés d’hommes et de femmes qui vivent à leurs cotés, les arbres sont alors protégés, replantés, valorisés. Plus d’un million de personnes ont déjà vue leur vie quotidienne s’améliorer concrètement grâce à ces projets.

 

🎙 Dans cet épisode, Nicolas nous raconte comment cette envie de se mettre au service de la nature a progressivement germé et l’a amené à quitter le confort de sa vie de cadre.

🎙 Il nous fait découvrir comment Kinomé s’attèle à la résolution de problèmes complexes de revalorisation des forêts, en rassemblant toutes les parties prenantes autour de la table : autorités du pays, institutions internationales, scientifiques, entreprises, ong, & communautés locales.

🎙 Et il présente également ce qu’il fait chez nous, en France, avec le programme Forest&Life, pour replanter mais surtout pour sensibiliser les futures générations à leur lien avec la nature, en faisant planter un arbre aux enfant avant leur 10 ans.

J’ai la conviction que le message de Nicolas vous touchera tous. Il nous parle de notre relation avec la Nature, du temps long et redéfinit la valeur d’une entreprise par la richesse des liens qu’elle crée.

 

Nous vous souhaitons une très belle écoute !

 

Journée mondiale des zones humides : découverte de la mangrove en Guinée, Guinée-Bissau et Sénégal

A l’occasion de la journée mondiale des zones humides, le 2 février, le Collectif 5 Deltas (5∆) a réalisé différentes activités autour de la gestion durable de l’écosystème de la mangrove. Dans les trois pays du projet, la Guinée, la Guinée-Bissau et la région de la Casamance au sud du Sénégal, des membres du Collectif ont mené avec des communautés locales des actions de découverte et de sensibilisation à la protection de ces zones humides si précieuses. En Guinée Bissau, une sortie pédagogique dans le Parc National de Cacheu a été organisée par l’ONG GRDR pour faire découvrir la mangrove aux élèves et aux enseignants du lycée de la ville littorale. L’occasion pour les élèves d’en apprendre davantage sur les causes naturelles et anthropiques de la dégradation des mangroves et des modes de gestion et de préservation appliquées localement. Au Sénégal, l’ONG United Purpose (UP) a organisé pour les élèves d’une école primaire une visite du parc ornithologique de Kalissaye où vivent dans la mangrove des espèces menacées de tortues et d’oiseaux. Les enfants et leurs enseignants ont participé au nettoyage du site et découvert de façon ludique ce qu’offre l’environnement de la zone humide. En Guinée, l’ONG Eclosio a mobilisé les communautés riveraines des zones de mangroves urbaines à Conakry, autour d’un ciné-débat sur les enjeux liés à la préservation de l’écosystème et pour l’amélioration de leurs conditions de vie. En impliquant des acteurs directement concernés par la disparition des mangroves, la journée mondiale de célébration des zones humides a suscité un réel engouement dans les trois pays. Les acteurs présents ont réaffirmé leur engagement pour préserver les zones humides et les mangroves locales.

 

En Guinée Bissau, visite guidée de la mangrove et découverte de l’importance de l’écosystème sur la plan socioéconomique, écologique et culturel. Crédit : Collectif 5∆

 

Les pieds dans l’eau, les palétuviers poussent le long des littoraux aux embouchures de fleuves. L’écosystème de mangrove est donc à mi-chemin entre terre et mer. Particulièrement utile à la résilience des communautés face au changement climatique, cet écosystème unique fournit des services multiples aux populations du littoral : puit nourricier, la mangrove abrite une grande majorité des œufs de poissons tropicaux, elle est aussi une barrière naturelle contre les vagues, les tsunamis et les vents, elle limite l’érosion côtière et la salinisation des sols – notamment des terres agricoles le long des littoraux –, séquestre le carbone et filtre les eaux polluées par les routes et villes voisines. Exploitée pour son bois, ses poissons, ses huitres, son sel et pour la culture de riz, la mangrove est aussi essentielle à la subsistance des populations riveraines.

 

Pour Abdoulaye Soumah, un sage du quartier de Faban à Conakry, « la mangrove de Faban est un trésor pour nous, elle doit être protégé à tout prix ». Mais il ajoute : « J’ai horreur de voir l’état dans lequel se trouve cette forêt de mangrove que j’ai connu à mon adolescence. ». Dans la région, la mangrove aussi aujourd’hui un des écosystèmes les plus menacés par le changement climatique et l’action humaine. Plus de 35% des mangroves ont disparu ces 20 dernières années. Face à la montée des eaux, la hausse des températures générant de l’évaporation et les changements de précipitations, l’eau des estuaires dans laquelle pousse les palétuviers se salinise progressivement, impactant négativement l’écosystème des mangroves et la biodiversité qu’il abrite. Par ailleurs, parce que les mangroves sont très riches en ressources, elles sont particulièrement exploitées par l’humain. L’augmentation démographique et l’urbanisation sont aussi des facteurs du rétrécissement de la bande littorale, les constructions venant empiéter sur la mangrove. 

Les constructions illégales et l’exploitation du bois le long des berges dans le quartier de Faban à Conakry menace la survie de l’écosystème des mangroves. Crédit : Collectif 5∆

 

Financé par l’Union Européenne, le projet de Gestion des Forêts de Mangrove du Sénégal au Bénin (PGFM) vise à atteindre une protection intégrée des territoires de mangroves en Afrique de l’Ouest. Le Collectif 5∆ assure la mise en œuvre des activités du projets sur trois pays : le long des littoraux en Guinée Bissau, en République de Guinée et dans la région de la Casamance au sud du Sénégal. 

 

Dans ces trois régions, le collectif intervient pour protéger les écosystèmes de mangroves avec les communautés qui en dépendent, et pour leur permettre d’être davantage résiliants face au changement climatique. Le projet se décline en trois axes. D’abord, il vient appuyer la gestion des aires protégées, grâce à des activités de surveillance, de reboisement et de sensibilisation des populations locales dans les périmètres où la biodiversité est particulièrement riche. Par ailleurs, les membres du collectif travaillent sur la gouvernance de ces espaces menacés avec l’ensemble des parties prenantes des trois pays. A cheval sur plusieurs pays, le projet, permet la mise en place d’une coordination et d’une concertation transnationale entre gestionnaires d’aires protégées, communautés et gouvernements. Enfin, le projet vise à renforcer les capacités financières et de résilience face au changement climatique des communautés locales. En les accompagnant pour développer des activités génératrices de revenus, le Collectif 5∆ agit pour réduire la pression sur les mangroves et pour exploiter de façon plus durable les ressources qu’elles abritent. La préservation de la biodiversité de ces zones humides dépend particulièrement de la participation des communautés qui y trouvent leurs moyens de subsistance. Pour Cyrielle De Souza, la coordinatrice du projet chez Kinomé, il est essentiel de « rapprocher la protection des mangroves de la réalité des populations qui vivent sur place ». Des solutions pour une exploitation des mangroves à impact neutre existent déjà. Souvent, ce sont les populations elles-mêmes qui les formulent, explique-t-elle. Par exemple, en cultivant les huîtres en guirlande, les femmes ostréicultrices ne sont plus obligées de couper les branches des palétuviers pour les ramasser.

 

En Casamance, au Sénégal, les enfants d’une école primaire ont visité le parc ornithologique de Kalissaye où la mangrove abrite des espèces menacées de tortues. Crédit : Collectif 5∆

 

Créé en 2014, le Collectif 5∆ rassemble des associations locales, des organisations internationales et l’entreprise sociale Kinomé. Il est né avec l’objectif de mutualiser, à l’échelle régionale, les efforts et les savoirs pour la préservation et la valorisation durable de la mangrove en Afrique de l’Ouest. Il favorise le partage, diffuse des outils et bonnes pratiques de gestion des écosystèmes de mangroves. Ensemble, les membres du collectif portent des projets communs le long des fleuves Sénégal, du Saloum, de la Gambie, de la Casamance et du Rio Cacheu. Le collectif fait le lien entre les échelles locales, régionales et internationales. Interlocuteur unique des bailleurs de fond internationaux, comme l’Union Européenne dans le cadre de ce projet, il est aussi animé par les enjeux et dynamiques du terrain. Il vise également à appuyer et coordonner l’action des gouvernements pour une gouvernance durable des aires protégées à l’échelle de la région. 

 

Le projet Gestion des Forêts de Mangrove du Sénégal au Bénin est porté par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en association avec Weltlands International et le Collectif 5 deltas. Il est financé par l’Union Européenne.

Le Collectif 5 Deltas intervient le long des littoraux en Guinée Bissau, en République de Guinée et dans la région de la Casamance au sud du Sénégal. Crédit : Kinomé

Nouveau programme Cocoa & Forest Knowlegde Exchange : construire des solutions concrètes pour un cacao durable

« Rapprocher les gens sur des sujets qui réunissent ». C’était l’objectif et la grande réussite du webinaire de lancement du programme Cocoa & Forest Knowledge Exchange qui s’est tenu en ligne au mois de janvier. Kinomé et son partenaire Alisos, avec le soutien de la Banque Mondiale, lancent en 2021 un programme d’échange de dix mois sur la filière cacao. L’objectif : promouvoir la production d’un cacao durable en Amérique Latine et en Afrique de l’Ouest. Le programme permet à des acteurs de tous les niveaux de la filière, provenant des deux continents, de se rencontrer, de partager leurs expériences et de construire ensemble des solutions pour un cacao durable. Lors du premier webinaire, les participants ont tous manifesté leur enthousiasme, laissant présager des échanges constructifs lors des prochaines rencontres.  

 

Ces dernières années les pays producteurs de fèves de cacao ont pris des engagements forts pour lutter contre la déforestation et promouvoir une filière cacao durable. La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui à eux seuls produisent deux tiers du cacao mondial, ont lancé l’Initiative Cacao & Forêts (CFI), suivis de près par la Colombie. Les gouvernements et le secteur privé se sont ainsi engagés à préserver les forêts, restaurer celles dégradées par les exploitations cacaoyères, augmenter les rendements des petits producteurs et améliorer les conditions de vie des communautés rurales. Or malgré la volonté des gouvernements et du secteur privé d’accélérer la mise en pratique de ces engagements, leur traduction en politiques publiques n’est pas évidente. De plus, la transition vers une production cacaoyère durable représente des coûts que les petits producteurs ne sont pas en capacité de supporter. L’agroforesterie, soit un système de plantation associant intelligemment arbres et cacaoyers sur une même parcelle, permet de diversifier les sources de revenus et donc d’augmenter la résilience des exploitations agricoles, ainsi que d’améliorer la biodiversité des cacaoyères. Le triptyque agroforesterie, protection des derniers massifs forestiers et restauration des forêts dégradées constitue une des options identifiées pour accélérer la lutte contre la déforestation liée au cacao. Mais c’est aussi un mode de production couteux et peu rentable les premières années avant que les arbres arrivent à maturité.  

 

Photo cacao

 

  

L’enjeu du programme Cocoa & Forest Knowledge Exchange est donc d’apporter des outils concrets pour transformer l’ensemble de la chaîne de valeur cacao sur les continents africain et sud-américain, en partant des défis rencontrés sur le terrain. Les sessions aborderont la question des modes de production, du financement des projets agroforestiers, des façons de rémunérer dignement les producteurs de cacao durable, et de la valorisation du cacao (notamment grâce aux certifications comme le bio ou l’équitable). Dix webinaires étalés sur dix mois pendant lesquels les participants auront l’occasion de partager leurs priorités, leurs difficultés, mais aussi leurs expériences et bonnes pratiques pour construire ensemble des solutions. Le programme rassemble ainsi des acteurs issus du privé et du public, de tous les niveaux de la filière cacao, des producteurs de fèves aux distributeurs de barres chocolatées. Six pays participent au programme : le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Colombie, le Pérou, la République Dominicaine et le Brésil. Si à l’échelle nationale les acteurs de la filière cacao généralement se connaissent, le programme permet d’encourager un dialogue entre pays et entre continents. Ainsi, lors du webinaire de lancement, des pays d’Amérique latine ont par exemple demandé aux participants ivoiriens de partager leur expérience en termes de partenariats publics-privés dans la gestion de leurs forêts. Tandis que la Côte d’Ivoire était intéressée par les projets de commerce équitable et de production de cacao « grands crus » développés par la République Dominicaine. 

 

Le programme est construit de trois temps forts :  

  1. La formation d’ambassadeurs nationaux du cacao durable, qui feront le lien entre les décideurs et le terrain. Cette première partie, menée par Alisos, est axée sur un travail sur le savoir-être et la mise en commun des connaissances entre participants. 
  1. Une formation technique, apportée par Kinomé, autour du design de systèmes agroforestiers, du financement et de la valorisation de projets cacao durable, du développement de projets coopératifs et de la mesure d’impact. 
  1. Des ateliers pour exporter les modèles et les solutions développés lors des deux premiers temps forts du programme. Des discussions se tiendront avec des acteurs privés et publics, régionaux et internationaux (comme des exportateurs nord-américains ou européens, ou des institutions comme l’Union Européenne). 

 

A l’issue du programme, un guide sur l’agroforesterie et le cacao durable sera produit par Kinomé. Enrichi des débats et échanges du programme, il vise à documenter et partager des bonnes pratiques et des leviers de réussite.  Les participants deviennent ainsi créateurs de solutions concrètes pour la transformation des filières cacao, dans les six pays du programme et au-delà.  

 

Premiers producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont largement dépendant des exportations de fèves. Or la production de cacao pose une réelle menace pour les forêts locales. Sur l’ensemble de la région ouest africaine, la Banque Mondiale considère qu’entre 1988 et 2007, 2,3 millions d’hectares de forêt ont été défrichées pour la production cacaoyère, impactant fortement la qualité des sols et les récoltes de fèves. C’est est un enjeu global qui touche également les pays producteurs d’Amérique du Sud. Amorcer une transformation des modes de production et de transformation du cacao vers des filières plus durables, décarbonées et résilientes au changement climatique nécessite un engagement de tous les acteurs de la chaine de valeur, privés comme publics. En finançant le programme Cocoa & Forest Knowledge Exchangela Banque mondiale, par le biais du Forest Carbon Partnership Facility (FCPF), soutient des pays et acteurs déjà engagés dans des initiatives de préservation des forêts comme la CFI ou la REDD+ mais qui ne disposent pas d’outils pour traduire concrètement leur engagement. 

 

Alors que la pandémie de covid-19 aurait pu limiter les échanges de connaissances, la tenue en ligne du programme Cocoa & Forest Knowledge Exchange est une occasion d’innover. « Faute de pouvoir amener les gens sur le terrain, c’est le terrain qu’on amène aux gens » explique Yohann Fare, Responsable des filières durables chez Kinomé. Des images tournées par des équipes sur le terrain deviendront le support des formations et des discussions. Et les outils de visioconférence encouragent un dialogue intercontinental sur la problématique globale qu’est le cacao durable.  

Plantation Forest&Life Bercé, lundi 1 février 2021 !

L’objectif de ce projet est double : restaurer la forêt de Bercé en y replantant des arbres, et agir en solidarité internationale avec le Togo. Pour chaque arbre planté à Bercé, deux arbres sont replantés au Togo. Une plateforme numérique pédagogique est mise à disposition des enseignants, pour prolonger la découverte des forêts du monde en classe sur toute l’année scolaire, avec la possibilité également d’échanger avec les enfants de l’autre pays !

Ce projet fait partie du programme national Forest&Life fondé il y a 10 ans par l’entreprise sociale Kinomé en partenariat avec le réseau pédagogique Canopé, et qui a permis à ce jour à 25 000 enfants de replanter plus de 100 000 arbres dans 5 pays (France, Sénégal, Togo, Pérou, Gabon). Le programme a reçu le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, en 2020.

 

 

LE PROJET

Replanter la forêt de Bercé, labellisée Forêt d’exception et incendiée en 2014, en impliquant les classes des communes locales.

Chaque année depuis 2018 les plantations ont lieu entre le mois de novembre et le mois de février sur une journée, journée à laquelle les collaborateurs Triballat, les élus locaux, l’académie et la presse locale seront invités à participer pour planter aux côtés des enfants. Au total, 6 hectares (2 classes/an pendant 3 ans) seront restaurés avec la plantation de 7500 arbres (2500 arbres/an pendant 3 ans) et plus de 9 classes de primaire (2-3 classes/an pendant 3 ans).

Localisation : Forêt domaniale de Bercé (Sarthe)

Surface : 6 hectares sur 3 ans (2 hectares/an)

Nombre d’arbres : 7 500 arbres sur 3 ans (2 500 arbres/an)

Contexte du projet : La forêt, par ailleurs labellisée Forêt d’Exception, a été incendiée en 2014 sur de nombreux hectares. L’objectif du reboisement est de pouvoir restaurer des espèces d’arbres adaptés aux conditions du milieu et permettant d’augmenter la résilience de la forêt au changement climatique.

Essence et dispositif de plantation : Environ 80% de résineux et 20% de feuillus, principalement du pin et du bouleau (en périphérie, anti-feux).

A ce jour, 6 communes ont participé au projet à Bercé : Marigné-Laillé, Ruillé-L’Eguillé, Jupilles, Beaumont-Pied-de-Boeuf, Lavernat-Montabon, Saint-Mars d’Outillé.

Cette année, c’est la commune de Montval qui participe au projet.

Ecoles impliquées : 2 classes de deux écoles de Montval (Beauregard et Point du jour)
Partenaire financier : Triballat Noyal (engagement sur 3 ans, dernière année du partenariat)

 

Forest&Life dans la forêt de Port Royal

1 000 arbres plantés en France, 2 500 en Colombie ! 🌟

 

Le 14 janvier 2021, deux classes de la ville de Trappes ont participé à Forest&Life, le programme éducatif de Kinomé et du réseau Canopé, en partenariat avec l’Office National des Forêts.

 

Les enfants ont planté des arbres dans la Forêt de Port Royal. pour constituer une haie qui accueillera les petits oiseaux nicheurs migrateurs 🌍🐦

 

Merci à Astris Finance et Impulso Verde de soutenir cette opération, et merci à la ville de Trappes et à monsieur le Maire, qui nous ont accueilli pour impliquer les enfants dans la restauration  de la forêt de Port Royal.

 

En cette journée internationale de l’éducation, Forest&Life célèbre l’engagement de tous les jeunes écoliers qui, en plantant des arbres, ont pris conscience qu’il n’est pas nécessaire d’attendre d’être adulte pour changer le monde !

 

 

Retrouvez-nous ici : https://kinome.fr/forestlife/

Forest&Life dans le bois de Vincennes

1 500 arbres plantés en France, 3 000 au Togo ! 🌟

 

Le 17 décembre 2020 et le 5 janvier 2021, quatre classes de Nogent Sur Marne ont participé à Forest&Life, le programme éducatif de Kinomé. 

 

Les enfants ont planté des arbres dans le Bois de Vincennes, ont appris la biodiversité du bois en hiver mais aussi ont découvert les forêts du monde en écoutant Pascale Leportier leur parler des forêts du Togo. 🌍🌴

 

Merci à la fondation Gecina de soutenir cette opération, et merci à la Mairie de Paris qui nous accueille chaque année depuis 3 ans pour impliquer les enfants dans la restauration du Bois de Vincennes.

51 nouveaux éco-citoyens à Nogent sur Marne !

Non seulement nous partageons leur joie de s’engager concrètement pour notre planète en ayant planté ensemble près de 1000 arbres dans le Bois de Vincennes /Val de Marne. Mais également quoi de plus beau cadeau 2020 pour terminer cette année sur une réussite collective et positive ! 

 

Plantation BdV 2020

Deux classes de CE1 et CM2 de l’école Léonard de Vinci à Nogent sur Marne ont planté ensemble sur une matinée près de 1000 jeunes chênes, charmes, tilleuls, merisiers et autres espèces du cortège classique replanté chaque année dans le plus grand espace vert parisien !

 

Accompagnés par leurs enseignants, quelques parents, l’équipe formidable de la Mairie de Paris, et Nicolas, Laure, et Sophie de Kinomé, les enfants ont exprimé beaucoup de joie à mettre les mains dans la terre et donner ainsi la vie à de jeunes arbres ! Les adultes d’ailleurs aussi ! Pour chaque arbre planté dans le bois de Vincennes, deux autres arbres sont parrainés au Togo par solidarité internationale. C’est un des principes fondateurs du programme Forest&Life qui fête ses 10 ans cette année : 1 arbre pour moi Ici en France + 2 arbres pour toi Là-bas = 3 arbres pour la planète ! Au cours de l’année à venir, les enfants vont échanger avec une école au Togo qui va également participer aux plantations dans leur pays. 

 

Cette première plantation de la saison ouvre le bal des autres plantations Forest&Life prévues en 2021 dans les départements du Nord, du Jura, de Saint Quentin en Yvelines, de la Sarthe, de Seine et Marne et à nouveau le Val de Marne le 05 janvier prochain. En 10 ans, 25 000 enfants ont planté ensemble dans 5 pays plus de 100 000 arbres ! Le programme a reçu le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République cette année et nous envisageons de le déployer à très très grande échelle à partir de 2021, pour que chaque enfant qui entre en 6ème en France puisse avoir déjà planté un arbre et devenir ainsi un écocitoyen !

 

Merci à la division du Bois de Vincennes de la Mairie de Paris et aux animateurs du Parc Floral de Paris, qui chaque année depuis 3 ans, nous donne accès à des espaces fragilisés du Bois de Vincennes pour les replanter avec les enfants du programme Forest&Life !

 

Un grand merci aux fondations et aux entreprises qui s’engagent financièrement à nos côtés pour permettre à nos élèves de s’engager concrètement pour la forêt, le climat et la transition écologique. Merci à la fondation Gecina, en particulier à Clémentine qui était à nos côtés le 17 décembre dernier, pour planter les premiers arbres avec les enfants. La suite avec deux nouvelles classes de Nogent sur Marne le 5 janvier 2021 ! 

 

D’ici là, bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous, reposez-vous bien les enfants… et les grands enfants…. et rendez-vous en 2021 !

Nos actualités – Novembre / Décembre 2020

 

 

Préservation des forêts sèches et de la culture du Moringa, au nord du Pérou

  • Préservation des forêts sèches et de la culture du Moringa, au nord du Pérou (filière moringa avec PROGRESO et GoodPlanet) 

Le projet vise à développer une filière durable de moringa (Moringa oleifera), plante hautement nutritive et adaptée aux conditions climatiques locales, permettant de diversifier les systèmes agricoles existants (élevage, cacao, banane, mangue), de créer de nouvelles activités génératrices de revenus et de lutter contre la malnutrition, tout en préservant la forêt sèche.  

 

La crise sanitaire a fortement impacté le projet, entrainant des retards dans les plantations. Les activités de terrain ont repris depuis juillet, avec en particulier : 

 

  • La finalisation de 2 pépinières à Buenos Aires et La Matanza, pour produire respectivement 4000 et 1500 plants de moringa 

 

  • L’animation d’un atelier de cuisine au moringa avec la communauté de El Progreso 

 

Dans les prochaines semaines, des formations vont être animées avec des producteurs et le séchoir communautaire de El Progreso va être améliorer.  

 

 

femmes de El Progreso durant l’atelier de cuisine au moringa

Femmes de El Progreso durant l’atelier de cuisine au moringa