Retour au Sénégal avec la SOPREEF

Du 16 au 30 Juin 2021, l’équipe de Kinomé s’est rendue dans le département de Foundiougne au Sénégal afin de rencontrer notre partenaire historique l’entreprise solidaire SOPREEF 

 

Installée depuis plus de 15 ans dans la ville de Sokone, porte d’entrée du Sine-Saloum, la Sopreef et Kinomé travaillent ensemble depuis 10 ans sur le programme EESF (Eau, Energie, Solidarité Foundiougne), grâce également au soutien financier de l’entreprise Reforest’Action. 

 

Le département de Foundiougne est situé dans le bassin arachidier, zone du pays qui abrite la moitié de la population. Or, d’un point de vu agricole, la production intensive de l’arachide pendant de nombreuses années a dégradé les sols de la région et entrainé une spécialisation de l’économie rurale (et donc une dépendance des paysans à l’arachide). Dans la région, la production n’arrive plus à résoudre les problèmes financiers des agriculteurs. 

 

Dans ce contexte, le projet EESF a pour objectif de contribuer au développement des populations rurales, et favoriser l’accès à l’énergie et à l’eau de qualité dans la région de Sokone, commune du département de Foundiougne (zone sud de la région Fatick). Pour se faire, les leviers utilisés sont la plantation d’arbres, la valorisation des produits agroforestiers et la création de filières économiques pérennes à partir d’huiles végétales de qualité.Le programme sensibilise également les jeunes aux enjeux liés à la plantation et à l’intégration des arbres dans le paysage, à travers des ateliers et des plantations au sein même des établissements scolaires. 

Abdou Salam Mbodi, bénéficiaire du projet EESF au sein de son terrain dans lequel il a intégré récemment des arbres avec le programme EESF

 

En 10 ans, ce sont plus de 220 000 arbres qui ont été parrainés par Reforest’Action et plantés dans le département. Ces plantations ont permis d’améliorer significativement les conditions de vie des populations locales et l’état de santé des écosystèmes forestiers de la zone.

 

Néanmoins à l’échelle de la région de Fatick, la consommation de bois de chauffe, principale source d’énergie des populations, l’installation de scierie dans la zone il y a plusieurs dizaines d’années, ainsi que l’évolution de pratiques agricoles dommageables pour l’environnement (culture sur brûlis, labour profond etc.) ont sérieusement dégradé les sols dans certaines zones. C’est le cas de la vallée de Djikoye, situé à l’extrême sud de la région, à la frontière avec la Gambie. Le problème de dégradation des sols menace les activités agricoles, pastorales et forestières, pourtant essentielles aux populations de la zone. Il est aujourd’hui devenu presque impossible d’y cultiver sans un apport conséquent d’engrais et de produits chimiques.

 

Zone de ravinement dans le village de Keur Gadi

 

Constatant la dégradation progressive de la vallée, Kinomé et la Sopreef ont souhaité développer leur partenariat, et étudier les moyens de lutter contre cette érosion et ainsi lutter contre l’exode rurale et redonner un avenir aux populations de la zone. Cette mission était alors l’occasion pour nous de mener ensemble une étude de faisabilité dans la zone. Ces visites ont permis de réaliser un diagnostic de l’état de santé des sols, de rencontrer les populations de la vallée et d’échanger avec eux sur leur quotidien et leur vision de leur territoire puis d’identifier les pratiques adaptées à cette restauration des sols.  

 

Echange avec les populations de Keur Seni Gueye sur la situation agricole et les perspectives d’avenir.

 

Finalement, cette mission a permis de dessiner les contours d’un projet de restauration et d’aménagement des terres qu’il reste à définir et à mettre en place. Il est apparu évident que le défi de la restauration de la vallée de Djikoye doit passer par une approche complète et des pratiques complémentaires : restauration de la fertilité par l’amendement des sols via du compost, l’intégration d’arbres fertilitaires, et autres pratiques durables ; La mise en place d’aménagements anti-érosifs tels que diguette, cordons pierreux etc ; mais également la sensibilisation des populations sur ces enjeux ainsi que la création de valeur économique pour redynamiser la vallée et permettre aux agriculteurs de vivre de leur activités. Un projet qui pourrait démarrer dans le courant de l’année 2021, à suivre donc… ! 

« Pourquoi et comment consommer le moringa ? » – Développement d’une filière moringa au Pérou

Depuis 2019, Kinomé est engagé dans l’accompagnement d’un projet de déploiement de filière Moringa dans la région de Piura, au Nord du Pérou, aux côtés de la Fondation GoodPlanet et de l’ONG péruvienne PROGRESO. 

 

Kinomé a apporté son expérience de plusieurs années sur la filière au Togo avec de l’assistance technique sur la transformation du Moringa en poudre, ou sur la communication des bienfaits de la plante. En effet, les bienfaits du Moringa ne sont encore que partiellement connus de la population.  

 

Le projet, qui se termine à la fin du mois, aura permis de produire et planter des milliers de plants de Moringa chez plus d’une cinquantaine de producteurs et associations, plantés en systèmes agroforestiers, avec bananiers, agrumes ou cacaoyers, ou plantés en zone de forêt sèche, un écosystème dégradé de la région. Notre Partenaire Progreso a assuré la production des plants et les formations techniques aux agriculteurs recevant ces plants.  

 

Agricultrices de la municipalité de Paimas en train de récolter les feuilles de Moringa (© PROGRESO)

 

Mardi 22 Juin dernier à 23h (16h au Pérou), Kinomé a animé un dernier webinaire de diffusion des bienfaits du Moringa à destination du grand public et des consommateurs péruviens ! Un format interactif avec questions et vidéos de recettes, dont l’objectif est de défaire certains mythes autour du moringa, et de communiquer sur les façons de le consommer.  

 

Merci à tous les participants !

 

 

Evaluation des besoins en renforcement de capacités des institutions et instituts de formation en charge de l’adaptation au changement climatique au Niger

Début mai, Kinomé s’est rendu au Niger afin d’évaluer les besoins prioritaires en renforcement de capacités des institutions et instituts de formation en charge de l’adaptation aux changements climatiques. 

 

Dans ce pays où les effets du réchauffement climatique se font d’ores et déjà sentir (sécheresses récurrentes, précipitations irrégulières, augmentation du risque d’inondations, violentes tempêtes de sable, invasions destructrices de sauterelles), le gouvernement s’est historiquement engagé à soutenir les efforts de lutte contre le changement climatique dans ses stratégies nationales de développement. Si plusieurs plans visent aujourd’hui à réduire la vulnérabilité du pays face au changement climatique, il y a encore une manque d’expertise et des capacités institutionnelles et financières insuffisantes pour les mettre pleinement en œuvre. 

 

Afin de combler ces lacunes et de renforcer les capacités nationales en matière de changement climatique à tous les niveaux de planification et de budgétisation, le Fonds Vert Climat (https://www.greenclimate.fund/) finance un projet « Faire progresser la Planification et la Budgétisation de l’Adaptation à moyen et long terme au Niger ». 

 

Pour la première phase de ce projet, Kinomé s’est donc rendu au Niamey pour animer des ateliers visant à évaluer les capacités et les compétences des institutions nationales et des instituts de formation impliquées dans l’Adaptation au Changement Climatique. Ces deux ateliers ont réuni 60 personnes et ont permis de déterminer à la fois le niveau actuel des capacités et compétences sur l’adaptation au changement climatique mais aussi la situation souhaitée dans le but d’élaborer un plan d’action pour atteindre ce niveau souhaitable. 

 

Lors de ces ateliers, Kinomé a pu collecter de nombreuses données qui doivent désormais être compilées et analysées pour servir de base au développement de programmes de formation adaptés et permettant d’intégrer l’adaptation au changement climatique dans les politiques et les stratégies au plus haut. 

 

 À la fin de l’année 2021, l’équipe se rendra donc une seconde fois au Niger pour mettre en œuvre une partie de ces formations ! 

 

Prise par Damien : Monsieur Boukar Abba, ancien ministre de l’agriculture et de l’élevage et gouverneur de la région, fait équipe avec Kinomé pour la mise en œuvre des ateliers à Niamey

Prise par Damien : Niamey, Fleuve Niger

Comptes rendus de missions : Le Moringa au Togo

1. Accompagnement d’une coopérative de production de Moringa séché vers la certification biologique et équitable 

 

Depuis 2012, Kinomé intervient au Togo en collaboration avec des partenaires locaux sur la mise en place d’une filière « feuilles de Moringa séché ». 

 

Le Moringa oleifera est une plante originaire d’Inde qui est couramment présente dans les campagnes d’Afrique de l’Ouest. Au Togo, ses tronçons sont bouturés pour réaliser des barrières végétales vivantes. Ses feuilles sont aussi utilisées comme ingrédients de bases de sauces pour accompagner la pâte de maïs couramment consommée au Togo.  

 

Le Moringa oleifera présente deux qualités extraordinaires : 

  • Ses feuilles présentes une composition riche en vitamines et minéraux essentiels pour l’être humainFigure 1 : composition des feuilles fraiches du Moringa (à disposer à gauche du texte?)
  • Lorsqu’il est semé en pleine terre, le plant développe un bulbe racinaire qui lui sert de réserve pendant les saisons sèche : ainsi, le Moringa résiste très bien à la sécheresse. 

 

Avec l’appui de son partenaire INADES-Formation, Kinomé appui depuis 2016 la coopérative PROSCOMO (Producteurs en Société Coopérative de Moringa), situé à Sévénokopé à 30 minutes de moto-taxi de Kpalimé, ayant la volonté de produire du Moringa, le transformer en poudre séchée pour le vendre sur les marchés locaux et à l’international. 

Le projet a rencontré plusieurs difficultés qui ont fait que le lancement de l’activité a mis plus de temps que prévu. Mais cela a permis de produire des études scientifiques sur la production végétale du Moringa, de bien connaitre les enjeux d’une transformation d’un produit fini de qualité ainsi que de savoir quels étaient les meilleures solutions à réaliser pour assurer la pérennité de l’activité de PROSCOMO. 

Ainsi, en 2020, financé par la société ORESYS, Kinomé a proposé à PROSCOMO de certifier son activité de production sous les labels de l’agriculture biologique et du commerce équitable afin de : 

  1. Garantir la qualité du produit fini 
  1. Réduire les impacts négatifs de la production sur l’environnement 
  1. Assurer un prix d’achat aux producteurs qui valorise leurs travails et leurs permettent de vivre décemment de l’activité.  

 

ORESYS finance ce projet en même temps que la plantation de Moringa oleifera dans le cadre de son programme de compensation des émissions carbones produite par son activité. Kinomé l’accompagne dans ce programme. L’objectif étant d’assurer que les arbres plantés puissent avoir un intérêt financier pour les planteurs et participent à l’amélioration des besoins fondamentaux de ces derniers.  

 

PROSCOMO ayant accepté, Kinomé a chargé en début décembre 2020 un consultant junior d’accompagner la coopérative en collaboration avec un formateur d’INADES-Formation jusqu’à avril 2021. 

 

Plusieurs activités ont ainsi été réalisés : 

  • Remise à neuf et aux normes sanitaires d’une ancienne unité de transformation ; 
  • Création officielle de la coopérative PROSCOMO : les producteurs s’étaient réunis mais ne connaissaient pas les enjeux liés à la création de la coopérative ni les démarches administratives à réaliser ; 
  • Productions de Fiches Techniques de vulgarisation : Ces fiches concernent la production, la transformation ainsi que la certification biologique et équitable du Moringa.  
  • Formations à la transformation d’une poudre de Moringa séché de qualité dite « Export » : 
    • Election d’une équipe chargée de la transformation : l’EGUM (Equipe de Gestion de l’Unité Moringa) ; 
    • Maitrise de l’hygiène sanitaire de l’unité de transformation et du matériel ;  
    • Maitrise des étapes de transformation et des mesures HACCP. 
  • Formations à la certification biologique AB d’Ecocert : 
    • Initiation aux normes de certification ; 
    • Formation de l’EGUM au Système de Contrôle Interne ; 
    • Création et formation aux cahiers de cultures des agriculteurs (recensant toutes leurs activités liées à la culture du Moringa) ; 
    • Formation à la traçabilité. 
  • Formations à la certification équitable Fair For Life d’Ecocert :  
    • Initiation aux normes de certification ; 
    • Présentation des objectifs d’une contractualisation équitable ; 
    • Réflexion sur l’utilisation du fonds de développement ; 
    • Recherche par Kinomé d’acheteurs prêt à s’engager dans une démarche équitable 
  • Initiation à la Vision Globale grâce au schéma Vision&Stratégie du Leadership Ethique © 

 

La mise en place d’une démarche de certification demandant un certain temps et Kinomé voulant s’assurer de la qualité de son appui à PROSCOMO, le consultant junior repartira en juillet 2021 prochain pour continuer l’accompagnement vers la certification (tout en suivant à distance PROSCOMO).  

 

Grâce à la dynamique lancée et la joie présente entre les acteurs, l’audit de certification par Ecocert est prévu en fin 2021 ! 

 

Figure 2 : Personnes présentes lors de l’assemblée constitutive (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Figure 3 : Feuilles de Moringa séché sortie du séchoir (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Figure 4 : Comité de gestion de PROSCOMO (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Figure 5 : Récolte du Moringa (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Figure 6 : Récolte et effeuillage du Moringa (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Figure 7 : Le consultant junior Kinomé et le formateur INADES-Formation (source : Marius CERON-SIMEON)

 

2. Caractérisation des systèmes agroforestiers du Togo et de leur approvisionnement en matériel végétal 

 

Le Togo possédant l’un des taux de déforestation les plus forts au monde (taux annuel de 4,5% enregistré en 2007 par la FAO (Foresti, 2011)), Kinomé et un de ses partenaires locale togolais, l’Unité Technique Café Cacao (UTCC), ont décidé d’initier en 2017 le projet « Optimisation de la Production des Agroforêts par un Soutien à l’Amélioration des Services Ecosystémiques dans la zone forestière du Togo » (OPASASE-TOGO). Ce projet a pour objectif global de soutenir les services écosystémiques dans les agroforêts à cacaoyers et à caféiers en termes de production de biens, de biodiversité et de stockage du carbone.   

 

Pour remplir cet objectif, le projet subventionne la fourniture gratuite de plants agroforestiers pour les exploitants agricoles. Un accompagnement est également effectué auprès des agriculteurs dans leurs pratiques agroforestières pour dynamiser le processus de reforestation de la région. 

 

Dans ce contexte, un stagiaire de fin d’étude de l’école d’ingénieur ISTOM a été recruté entre décembre 2020 et avril 2021 afin de pouvoir mener un diagnostic agronomique centré sur les systèmes agroforestiers et l’approvisionnement en matériel végétal. L’objectif du stage était également de mettre en lumière les atouts et limites de la stratégie OPASASE-Togo pour déboucher sur des recommandations sur les améliorations possibles du projet. Ceci toujours dans le but d’impacter le plus positivement possible la dynamique agroforestière et de reforestation de la région. 

 

L’étude demandée étant particulièrement centrée sur l’amélioration de l’offre du matériel végétal pour des systèmes agroforestiers ayant un objectif de reforestation, la problématique suivante a été choisie : Quelles limites à la reforestation par des systèmes agroforestiers ? 

 

Pour répondre à cette problématique, un choix des zones d’études a été effectué au sein de la préfecture de Wawa concentrant la production caféière et cacaoyère du Togo. Quatre localités ont été identifiées à savoir Ounabè, Ikavi-Kope (proche de Klabe Efoukpa), Tomegbe et Kessibo.

 

Carte 1 : Préfecture de Wawa (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Suivant la méthode du diagnostic agraire, la méthodologie a axée sa collecte de données de terrain sur des entretiens semi-directifs historique des zones d’études, des entretiens semis-directifs groupés sur la gestion d’un système agroforestier et l’approvisionnements en plants et des questionnaires technico-économiques auprès de producteurs et de pépiniéristes. Des entretiens semi-directifs ont également été réalisés auprès d’acteurs de l’offre en matériel végétal ainsi qu’auprès de personnes ressources.  

 

Les données et informations recueillis sur le terrain ont ensuite été croisée avec la littérature existante. Cette analyse a permis de sortir : 

 

  • Une analyse historique de la culture de cacao et café et des facteurs de déforestation dans différentes localités de la préfecture ; 
  • Une caractérisation des systèmes agroforestiers dans les différentes localités au niveau agronomique et technico-économique ; 
  • Un diagnostic de la diversité d’approvisionnement en plants accompagné d’une présentation de certains des acteurs de l’offre en matériel végétale ; 
  • Un diagnostic global de la reforestation par les systèmes agroforestiers sous un angle interdisciplinaire (vision systémique) pour ouvrir sur de potentielles améliorations du projet OPASASE-TOGO.  

 

Le Mémoire de Fin d’Etude de ce stage est en cours de rédaction. Les résultats seront bientôt informés sur le site de Kinomé alors continuez à nous suivre ! 

Carte 2 : Carte générale du Togo (s’il y a besoin) (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Photo 1 : Terres déforestées par les feux de brousse (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Photo 2 : Entretiens avec des producteurs agroforestiers de cacao à Tomegbe (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Photo 3 : Producteur de Kessibo dans sa parcelle agroforestière de cacaoyer (source : Marius CERON-SIMEON)

 

Photo 4 : Agroforêt à caféier à Ikavi kope (source : Marius CERON-SIMEON)

Évaluation d’un projet sur le riz et sel de mangrove en Guinée Bissau

L’équipe Kinomé avec des riziculteurs bénéficiaires du projet. On aperçoit sur la droite des tuyaux de trop-plein installés grâce à DEDURAM pour améliorer la gestion de l’eau dans les rizières.

 

On le sait peu, mais le riz n’est pas seulement natif d’Asie : il a aussi été domestiqué en Afrique il y a bien longtemps ! 

 

Début avril, Kinomé était en Guinée-Bissau pour faire l’évaluation finale d’un programme visant à aider les riziculteurs et salicultrices de la mangrove. 

 

Dans ce petit pays coincé entre le Sénégal et la Guinée, des paysans labourent les rizières, façonnent des digues, et creusent des canaux d’irrigation uniquement à la main, avec un outil en forme de pelle, appelé K’bindé en langue balante. Un travail colossal ! Les femmes, elles, produisent du sel en faisant de bouillir de l’eau salée sur des feux de bois. Cette technique, très pénible, provoque des problèmes de santé à cause des fumées, et participe à la dégradation des forêts. 

 

Un canal de drainage dans les rizières.

 

Le projet DEDURAM (pour Développement DURable de l’Agriculture de Mangrove), est mis en œuvre par l’association Guérandaise Univers-Sel, qui travaille depuis plus de 20 ans en Afrique de l’ouest pour diffuser des techniques novatrices, à la fois de saliculture solaire (travail facilité et zéro déforestation) et de gestion de l’eau dans les rizières (récoltes sécurisées et meilleur rendement). Le projet a été financé par l’Union Européenne et l’AFD. 

La méthode traditionnelle de production du sel : une saumure (solution saturée en sel, obtenue en filtrant de l’eau à travers de la terre sèche et salée) est chauffée sur feu de bois. Quand l’eau s’évapore, le sel commence à cristalliser et peut être récupéré. Cette méthode implique une grande consommation de bois, et surtout un travail très pénible : toute la journée dans la fumée et la chaleur, alors même que le soleil tape déjà fort !

 

L’équipe a pu visiter plusieurs villages bénéficiaires du projet, rencontrer les paysannes concernées qui leur ont fait part de leur satisfaction, de leur confiance dans le projet, mais aussi de leurs besoins pour la suite. Le terrain a enfin été l’occasion de mettre les pieds dans la boue, (re)goûter au vin de cajou et en apprendre beaucoup les techniques et la culture locale. 

L’ethnie Balante, notamment, s’appuie sur l’organisation collective (la culture du riz impose de se concerter pour gérer l’irrigation à grande échelle) et évite généralement l’accumulation de biens matériels. Par exemple, lorsqu’il a besoin de main d’œuvre, un producteur paye un collectif de travailleurs à un prix standard par groupe, que celui-ci soit composé de 5, 10 ou 15 personnes ! Une pratique qui va à l’encontre de la logique commerciale que nous connaissons, et nous invite à la réflexion

Webinaire du 16 avril !

SAVE THE DATE ! 📣   Retrouvez-nous le 16 avril !

Rejoignez le collectif Forest&Life pour nous aider à déployer le programme à grande échelle en France ! Forest&Life permet aux écoliers de découvrir les forêts du monde en classe et de replanter une forêt dégradée de leur territoire et en solidarité avec un pays au sud !

Inscrivez-vous ici 👉  https://docs.google.com/…/1FAIpQLSftB…/viewform

Étude des impacts sociaux d’une plantation de palmier dattiers au Maroc

Depuis plusieurs années déjà, Kinomé réalise l’étude des impacts sociaux des projets du fonds d’investissement 12Tree. Habituellement situés en Amérique Latine, cette année Kinomé a réalisé pour le première fois cet exercice sur un projet au Maroc.

 

Encore en phase d’installation et de plantation, celui-ci sera amené à devenir la plus grande plantation de palmiers dattiers au monde (600 hectares). 

Les jeunes palmiers récemment plantés et leur système d’irrigation en goutte à goutte (©Bettina Mathorel - Kinomé)

Les jeunes palmiers récemment plantés et leur système d’irrigation en goutte à goutte (©Bettina Mathorel – Kinomé)

Deux membres de l’équipe Kinomé se sont rendus sur place, à la frontière entre les régions du Drâa-Tafilalet et de l’Oriental au Sud Est du pays pour visiter le projet et ses environs afin d’analyser les enjeux sociaux et environnementaux qui lui sont liés. L’approche de Kinomé, basée sur une vision globale permet lors du terrain de réaliser deux choses : 

 

  1. Une meilleure compréhension du contexte local, tant au sein du projet comme pour les communautés et écosystèmes environnants
  2. D’analyser des 7 besoins fondamentaux et universels des populations, c’est à dire les employés du projet comme les communautés locales.

Les 7 besoins fondamentaux et universels des êtres humains (©Edel Gött)

 

Les observations, rencontres et échanges réalisés pendant cette visite permettent de faire émerger les vrais besoins des populations impactés par le projet. Une fois les principaux enjeux du contexte local et du projet identifiés et mis en relation, Kinomé peut ainsi proposer des recommandations d’amélioration aux équipes du projet pour l’élaboration d’un plan de de progrès afin d’améliorer leur impact social.

 

Rencontre des ouvriers de la ferme en focus groups d’une dizaine de personnes (©Bettina Mathorel – Kinomé)

 

Lors de cette visite, Kinomé a pu comprendre l’importance du palmier dattier dans la culture locale oasienne, les efforts entamés par le gouvernement Marocain pour permettre le développement de cette région particulièrement pauvre du pays, et le potentiel économique important de la région : en témoignent les nombreux projets de plantation installés dans la région. 

 

L’équipe retournera visiter le projet dans deux ans pour procéder au même exercice et constater l’évolution de l’impact du projet sur les populations et leurs besoins.

L’Oasis de Beni Yatti, qui tente de poursuivre la tradition oasienne malgré l’abandon progressif de l’oasis par une grande partie de sa population. En cause : l’enclavement de l’oasis (la piste le rejoignant n’est arrivée qu’en 2012), la maladie du Bayoud qui ravage le palmier dattier, et la violence des inondations qui ne cesse de dégrader l’oasis. (©Bettina Mathorel – Kinomé)

Demain n’attend pas ! Le podcast qui donne la parole à Nicolas Métro

 

Grande joie de recevoir NICOLAS METRO, fondateur de l’entreprise KINOME pour ce nouvel épisode de Demain N’attend Pas.

Après une première vie classique et brillante de cadre dirigeant chez LVMH, Ubisoft et M6, Nicolas a choisi de dédier son temps aux Arbres . Il travaille pour que nous, nos enfants, nos petits enfants -d’ici et d’ailleurs- puissions vivre pleinement grâce à une nature riche et diverse. 💪

Nicolas est parti d’un constat simple, on n’abat pas un arbre qui a de la valeur debout. Depuis, avec son équipe et ses nombreux partenaires, il fait travailler des scientifiques et réalise des projets qui permettent d’apporter de la valeur aux forêts un peu partout dans le monde et en particulier en Afrique. Parce qu’ils apportent nourriture, eau, soins et ressources économiques aux communautés d’hommes et de femmes qui vivent à leurs cotés, les arbres sont alors protégés, replantés, valorisés. Plus d’un million de personnes ont déjà vue leur vie quotidienne s’améliorer concrètement grâce à ces projets.

 

🎙 Dans cet épisode, Nicolas nous raconte comment cette envie de se mettre au service de la nature a progressivement germé et l’a amené à quitter le confort de sa vie de cadre.

🎙 Il nous fait découvrir comment Kinomé s’attèle à la résolution de problèmes complexes de revalorisation des forêts, en rassemblant toutes les parties prenantes autour de la table : autorités du pays, institutions internationales, scientifiques, entreprises, ong, & communautés locales.

🎙 Et il présente également ce qu’il fait chez nous, en France, avec le programme Forest&Life, pour replanter mais surtout pour sensibiliser les futures générations à leur lien avec la nature, en faisant planter un arbre aux enfant avant leur 10 ans.

J’ai la conviction que le message de Nicolas vous touchera tous. Il nous parle de notre relation avec la Nature, du temps long et redéfinit la valeur d’une entreprise par la richesse des liens qu’elle crée.

 

Nous vous souhaitons une très belle écoute !

 

Plantation Forest&Life Bercé, lundi 1 février 2021 !

L’objectif de ce projet est double : restaurer la forêt de Bercé en y replantant des arbres, et agir en solidarité internationale avec le Togo. Pour chaque arbre planté à Bercé, deux arbres sont replantés au Togo. Une plateforme numérique pédagogique est mise à disposition des enseignants, pour prolonger la découverte des forêts du monde en classe sur toute l’année scolaire, avec la possibilité également d’échanger avec les enfants de l’autre pays !

Ce projet fait partie du programme national Forest&Life fondé il y a 10 ans par l’entreprise sociale Kinomé en partenariat avec le réseau pédagogique Canopé, et qui a permis à ce jour à 25 000 enfants de replanter plus de 100 000 arbres dans 5 pays (France, Sénégal, Togo, Pérou, Gabon). Le programme a reçu le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, en 2020.

 

 

LE PROJET

Replanter la forêt de Bercé, labellisée Forêt d’exception et incendiée en 2014, en impliquant les classes des communes locales.

Chaque année depuis 2018 les plantations ont lieu entre le mois de novembre et le mois de février sur une journée, journée à laquelle les collaborateurs Triballat, les élus locaux, l’académie et la presse locale seront invités à participer pour planter aux côtés des enfants. Au total, 6 hectares (2 classes/an pendant 3 ans) seront restaurés avec la plantation de 7500 arbres (2500 arbres/an pendant 3 ans) et plus de 9 classes de primaire (2-3 classes/an pendant 3 ans).

Localisation : Forêt domaniale de Bercé (Sarthe)

Surface : 6 hectares sur 3 ans (2 hectares/an)

Nombre d’arbres : 7 500 arbres sur 3 ans (2 500 arbres/an)

Contexte du projet : La forêt, par ailleurs labellisée Forêt d’Exception, a été incendiée en 2014 sur de nombreux hectares. L’objectif du reboisement est de pouvoir restaurer des espèces d’arbres adaptés aux conditions du milieu et permettant d’augmenter la résilience de la forêt au changement climatique.

Essence et dispositif de plantation : Environ 80% de résineux et 20% de feuillus, principalement du pin et du bouleau (en périphérie, anti-feux).

A ce jour, 6 communes ont participé au projet à Bercé : Marigné-Laillé, Ruillé-L’Eguillé, Jupilles, Beaumont-Pied-de-Boeuf, Lavernat-Montabon, Saint-Mars d’Outillé.

Cette année, c’est la commune de Montval qui participe au projet.

Ecoles impliquées : 2 classes de deux écoles de Montval (Beauregard et Point du jour)
Partenaire financier : Triballat Noyal (engagement sur 3 ans, dernière année du partenariat)

 

Kinomé célèbre ses 15 ans !

Ce mois de novembre 2020 marque le 15ème anniversaire de Kinomé. 

15 ans c’est l’âge où les jeunes veulent changer le monde et s’engagent de plus en plus pour le climat, la biodiversité, la réduction des inégalités

 ! 🌳🤲🌍 

Parce que c’est la seule façon -et quelle belle façon !- de faire face aux défis immenses d’aujourd’hui, nous souhaitons renforcer les liens qui se sont créés au cours de ces 15 années … et en créer de nouveaux, comme un arbre déploie ses branches et ses racines…

 

Le déploiement du Moringa en Amérique du sud 🌿

Le 30 Octobre, Kinomé a tenu en ligne son 2ème événement visant à promouvoir auprès du public latino-américain le moringa et ses bienfaits pour la santé. Habituellement sur une journée, entre conférences et dégustations, l’événement « El Día de la Moringa » (La journée du moringa), s’est fait sous format webinaire en raison du Covid 

Une cinquantaine de participants (majoritairement péruviens) ont ainsi pu assister à la présentation du programme moringa de Kinomé au Togo ainsi que le développement des cantines scolaires et les repas enrichis au moringa, une expérience entrepreneuriale d’un invité Colombien, ainsi que le projet développé avec Kinomé à Piura au Pérou.  

Suite au webinaire, les participants ont d’abord reçu un livret numérique de recettes au Moringa, puis différents liens vers des vidéos de chaque projet présenté.  

Retrouvez ci-dessous les vidéos illustrant les projets Moringa au Togo, en Colombie et au Pérou :

  • Programme Moringa de Kinoméau Togo et ses cantines scolaires 🍽 🌿
  • Projet entrepreneurial de Biothinken Colombie - Barres énergétiques et jus (vidéo en espagnol)🧃 🌿
  • Produits développés dans le cadre du projet à Piura avec son partenaire de terrain l’ONG PROGRESO: Chocolat et pâtes enrichis au Moringa  (vidéo en espagnol) 🍫🌿🍝

Ces expériences ne sont qu’un début d’exemple de l’étendue des possibilités pour consommer le moringa ! Dans nos boissons ; jus, tisanes, latte ; ou bien dans nos plats classiques : omelettes, pesto, soupe ; et même en pâtisserie : financiers au moringa, banana-bread et bien d’autres ! Il existe une infinité de créations possibles pour le consommer ! 

Quelques liens et idées de recettes ci-dessous :  

https://www.moringaandco.com/recettes/  

https://www.nutu.net/recipes-moringa-nutu

3ème comité de pilotage du projet KOBABY à Madagascar

Le 4 novembre dernier, le projet KOBABY (dont la mise en œuvre est facilitée par une équipe d’assistance technique composée de Oréade Brèche, APMM et Kinomé) a tenu son 3ème comité de pilotage (COPIL). A l’instar du conseil d’administration d’une entreprise le COPIL est l’organe délibératif chargé d’assurer la supervision de la mise en œuvre et de donner les orientations politiques et stratégiques du projet. 

 

KOBABY ayant la particularité d’être un projet intégré, décentralisé, multi-sectoriel et multi-acteurs (au niveau de la région DIANA, à l’extrême Nord de Madagascar), cette réunion annuelle (qui se tient normalement à Antsiranana) s’est tenue exceptionnellement à Antananarivo du fait des contraintes persistantes liées au covid. 

 

Grâce à la participation active de l’ensemble des participants (représentants du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, MEDD, maitre d’ouvrage du projet ; des autres ministères sectoriels concernés, notamment le Ministère en charge de la Décentralisation ; des gestionnaires d’aires protégées ; des communautés ; des maires ; des partenaires stratégiques : projets PIC/Banque Mondiale et PAGE GIZ  et de l’Agence française de développement, principal financeur de ce projet aux côtés de l’Etat malagasy) et sous la Présidence du Secrétaire Général du MEDD, les rapports techniques et financiers 2020 ainsi que le plan de travail annuel budgétisé 2021 ont été validés et des échanges constructifs ont pu avoir lieu. L’année 2021 est une année de tous les défis pour laquelle le point d’équilibre entre conservation et développement doit être trouvé et chaque institution représentée engagée pour une meilleure mise en œuvre du projet ». 

 

 

 

Kobaby Madagascar 2020

Kobaby Madagascar 2020

Neutraliser les émissions de GHS grâce à la régénération des écosystèmes et à l’impact social

Kinomé, l’ONG de terrain péruvienne A.I.D.E.R. et leur partenaire Astris Finance, déploient un projet de conservation de la forêt sèche de la région de Piura et d’amélioration des conditions de vie des populations locales. Le projet s’appuie sur des accords communautaires avec le village de Ternique : les habitants choisissent un projet collectif qu’ils souhaitent mettre en place et en échange, ils s’engagent dans la protection par Régénération Naturelle Assistée (RNA) d’un nombre d’arbre équivalent au coût du projet.  

 

La communauté de Ternique a choisi de co-financer la réparation du puit communautaire (installation d’une pompe avec panneau solaire) et la mise en place d’une parcelle collective de moringa. Le projet inclue également une étude pour évaluer avec précision le volume de carbone séquestré par les arbres de la forêt sèche de Piura.  

 

Malgré les retards liés à la pandémie, les habitants ont avancé dans la protection des arbres avec, à date, 4122 individus protégés. 

 

Le covid-19 a fortement impacté la communauté : au Pérou, le confinement s’est étendu jusqu’au mois de juillet, des restrictions restent actives dans certaines régions ce qui rend les déplacements et l’acheminement de matériel difficiles. 

 

Dans les prochaines semaines, la communauté va continuer la protection des arbres par RNA et les réparations du puits pourront commencer.  

 

installation des barrières de protection autour des jeunes arbres pour éviter qu’ils ne se fassent manger par le bétail

installation des barrières de protection autour des jeunes arbres pour éviter qu’ils ne se fassent manger par le bétail

Préservation des forêts sèches et de la culture du Moringa, au nord du Pérou

  • Préservation des forêts sèches et de la culture du Moringa, au nord du Pérou (filière moringa avec PROGRESO et GoodPlanet) 

Le projet vise à développer une filière durable de moringa (Moringa oleifera), plante hautement nutritive et adaptée aux conditions climatiques locales, permettant de diversifier les systèmes agricoles existants (élevage, cacao, banane, mangue), de créer de nouvelles activités génératrices de revenus et de lutter contre la malnutrition, tout en préservant la forêt sèche.  

 

La crise sanitaire a fortement impacté le projet, entrainant des retards dans les plantations. Les activités de terrain ont repris depuis juillet, avec en particulier : 

 

  • La finalisation de 2 pépinières à Buenos Aires et La Matanza, pour produire respectivement 4000 et 1500 plants de moringa 

 

  • L’animation d’un atelier de cuisine au moringa avec la communauté de El Progreso 

 

Dans les prochaines semaines, des formations vont être animées avec des producteurs et le séchoir communautaire de El Progreso va être améliorer.  

 

 

femmes de El Progreso durant l’atelier de cuisine au moringa

Femmes de El Progreso durant l’atelier de cuisine au moringa

Des nouvelles du programme ougandais

Le conflit humains-animaux est très fréquent en Afrique, et les pertes liées à la consommation des cultures par la faune sauvage crée de l’insécurité alimentaire, ce qui accroit la pauvreté et entrave le soutien local aux efforts de conservation. Par ailleurs, pour tenter de réduire les dommages, les fermiers utilisent souvent des méthodes vulnérantes pour les animaux.  

 

Le travail doctoral de Julie Bonnald, intitulé « Interactions Humains-Eléphants en zone d’interface agriculture-forêt », a pour objectif d’analyser ces relations dans une région où le conflit est exacerbé par la proximité entre les cultures humaines et l’habitat des éléphants. L’objectif est de proposer des mesures efficaces et non-violentes pour améliorer les conditions de vie des communautés locales, et réduire la pression de braconnage sur la faune sauvage. Encadrée par Sabrina Krief (Professeure du Muséum national d’Histoire naturelle) et Nicolas Métro (Kinomé), son travail pluridisciplinaire bénéficie d’un contexte particulier associant dix ans de recherche sur le terrain du Sebitoli Chimpanzee Project (SCP), 20 ans de recherche de l’équipe Eco-anthropologie du MNHN dans la région sur les relations humains-animaux, à l’expérience pratique de Kinomé dans le conseil aux institutions de développement et dans la création et le suivi de projets de terrain visant à améliorer la qualité de vie des populations rurales dans de nombreuses régions du monde. 

 

Le site d’étude est situé dans la zone de Sebitoli, dans le nord du parc national de Kibale (PNK) en Ouganda, où les communautés locales décrivent deux types d’éléphants dont l’un, petit et sombre, serait plus agressif et difficile à repousser. Des études génétiques réalisées préalablement dans cette région de l’Ouganda ont permis de mettre en évidence la présence des deux sous-espèces d’éléphants d’Afrique : l’éléphant de savane (Loxodonta africana africana) et l’éléphant de forêt (Loxodonta africana cyclotis), ainsi que des hybrides. Ce travail de thèse a confirmé grâce à des analyses morphologiques et génétiques la présence dans la zone de Sebitoli de ces deux sous-espèces ainsi qu’une grande proportion d’hybrides. 

 

 

À partir d’entretiens menés toutes les semaines durant deux ans (Mars 2018 – Février 2020) auprès de 31 fermiers appartenant à 6 villages adjacents à la forêt, nous avons pu avoir une meilleure compréhension des comportements des éléphants lors de leurs excursions dans les champs, ainsi qu’une vision globale sur les interactions entre les humains et ces animaux dans cette zone. 

 

Les premières analyses des entretiens, rapportant 473 observations d’éléphants, montrent que :  

 

  • Les éléphants viennent toute l’année dans les champs, avec des pics d’activités lorsque les cultures s’approchent de la maturité, jusqu’à la fin de la récolte et qu’ils sont attirés par un large spectre de cultures. 

 

  • Les éléphants entrent dans les champs presque exclusivement la nuit. 

 

  • Nous retrouvons aussi bien des mâles (solitaires ou en petits groupes) que des groupes familiaux constitués de femelles et de leurs petits, contrairement à ce qui est observé dans d’autres zones où seuls les mâles viennent consommer les cultures humaines.  

 

  • Les fermiers faisant partie de notre étude ne distinguent pas les deux sous-espèces morphologiquement, mais rapportent des comportements agressifs, notamment par les groupes familiaux comportant de jeunes individus. 

 

  • Quatre grands types de méthodes sont utilisés par les fermiers pour protéger leurs champs des éléphants : faire du bruit (cris, tambours…), éclairer les animaux avec une lampe torche, faire un feu en bordure du champ, et jeter des objets (pierres, bâtons, mottes de terre…). Lorsque les éléphants sont trop insistants ou deviennent agressifs, les villageois peuvent appeler les autorités du parc (UWA) afin qu’ils viennent effectuer des coups de fusil dissuasifs. 

 

  • Des méthodes dites passives sont également retrouvées à certains endroits de la bordure de la forêt : des tranchées, des clôtures de ruches et des zones tampons composées de thé.  

 

  • Contre toute attente, les villages en bordure de la forêt sont affectés différemment par la venue des éléphants (en termes de fréquence et impacts des visites), même entre deux villages distants de quelques kilomètres. Entreraient en ligne de compte, les méthodes passives en place à la bordure des champs, la distance entre les champs et la forêt ou encore les espèces cultivées. 

 

Ce travail de recherche confirme la nécessité de garder une vision globale dans le conflit homme faune et les solutions pour atténuer le conflit entre les humains et les éléphants doivent être pensées à une échelle fine, car des disparités peuvent être observées entre les villages et au sein même des villages.

Le Projet ALBIA officiellement lancé par la République du Tchad et la Banque Mondiale.

Photo Projet ALBIA – Tchad

 

En début d’année 2020, Kinomé avait été mandaté par la Banque Mondiale afin de coordonner les études sectorielles destinées à finaliser la préparation d’un vaste projet de conservation et de développement local dans et autour de la Réserve de Faune de Ouadi Rimé – Ouadi Achim au Tchad. D’une superficie de près de 80 000 km2, cette vaste réserve concentre de nombreux enjeux environnementaux, sociaux et économique qu’il fallait appréhender dans une vision globale. Yohann Fare et Guillaume Arthaud ont donc animé une équipe pluridisciplinaire d’une douzaine d’experts nationaux et internationaux en inventaires de la faune ou de la flore, agriculture et pastoralisme, genre, foncier, participation citoyenne, prospection hydrologique, hydraulique, etc. … Bon vent au projet ALBIA !

 

Le risque climatique en Côte d’Ivoire

Kinomé a réalisé au premier semestre 2020 avec Baastel et une équipe d’experts partenaires (Marc Daubrey, Nick Dale, Blandine L’Heveder) un profil de risque climatique du secteur agricole de Côte d’Ivoire. 

 

Cette étude financée par le Fonds Vert Climat vise à :

  • Faire une synthèse des risques climatiques du secteur agricole du pays par culture et par zone,  
  • Modéliser l’impact macro-économique pour les filières principales (manioc, cacao, etc.) 
  • Evaluer les risques à court-terme et moyen-terme du secteur  
  • Donner des bases de construction d’un indice de vulnérabilité du secteur agricole et des orientations pour des futures études de vulnérabilité sur le terrain 

 

En Côte d’Ivoire la température moyenne nationale a augmenté de 0,5 à 1,0 °C depuis 1961 et les études les plus récentes prévoit que les températures augmenteront jusqu’à 1,8 °C en 2050 et 2,1 °C en 2070, et 3°C à la fin du siècle, les plus fortes hausses étant enregistrées dans le Nord et l’est du pays. Ces augmentations de température menacent non seulement la production et les rendements agricoles mais aussi l’intégrité physique des populations du nord du pays, et en particulier des agriculteurs. Le nombre de jours par an avec une température apparente supérieure à 39°C passera de moins de 20 jours/an à plus de 100 jours/an dans le Nord d’ici la fin du siècle.  

 

Cette étude montre que les impacts des changements climatiques diffèrent pour les produits agricoles de base. Le riz ou les racines et tubercules devraient bénéficier des changements de conditions climatiques tandis que les légumes et autres céréales sont fortement affectés par l’évolution du changement climatique (-4,3% et -12% de rendement par rapport à un scénario sans changement climatique). Les impacts du changement climatique englobent d’autres aspects majeurs pour la vie et la vulnérabilité des populations telles que la destruction d’infrastructure et pertes nettes agricoles lors d’évènements extrêmes (sécheresses, feux, inondations), le déplacement des zones de culture, et la forte variabilité des rendements. 

 

La restitution et la formation à l’indice de vulnérabilité a eu lieu fin septembre à l’occasion de la première mission terrain de l’équipe Kinomé depuis février orchestrée par Damien Kuhn en Côte d’Ivoire.