Kinomé célèbre ses 15 ans !

Ce mois de novembre 2020 marque le 15ème anniversaire de Kinomé. 

15 ans c’est l’âge où les jeunes veulent changer le monde et s’engagent de plus en plus pour le climat, la biodiversité, la réduction des inégalités

 ! 🌳🤲🌍 

Parce que c’est la seule façon -et quelle belle façon !- de faire face aux défis immenses d’aujourd’hui, nous souhaitons renforcer les liens qui se sont créés au cours de ces 15 années … et en créer de nouveaux, comme un arbre déploie ses branches et ses racines…

 

Le déploiement du Moringa en Amérique du sud 🌿

Le 30 Octobre, Kinomé a tenu en ligne son 2ème événement visant à promouvoir auprès du public latino-américain le moringa et ses bienfaits pour la santé. Habituellement sur une journée, entre conférences et dégustations, l’événement « El Día de la Moringa » (La journée du moringa), s’est fait sous format webinaire en raison du Covid 

Une cinquantaine de participants (majoritairement péruviens) ont ainsi pu assister à la présentation du programme moringa de Kinomé au Togo ainsi que le développement des cantines scolaires et les repas enrichis au moringa, une expérience entrepreneuriale d’un invité Colombien, ainsi que le projet développé avec Kinomé à Piura au Pérou.  

Suite au webinaire, les participants ont d’abord reçu un livret numérique de recettes au Moringa, puis différents liens vers des vidéos de chaque projet présenté.  

Retrouvez ci-dessous les vidéos illustrant les projets Moringa au Togo, en Colombie et au Pérou :

  • Programme Moringa de Kinoméau Togo et ses cantines scolaires 🍽 🌿
  • Projet entrepreneurial de Biothinken Colombie - Barres énergétiques et jus (vidéo en espagnol)🧃 🌿
  • Produits développés dans le cadre du projet à Piura avec son partenaire de terrain l’ONG PROGRESO: Chocolat et pâtes enrichis au Moringa  (vidéo en espagnol) 🍫🌿🍝

Ces expériences ne sont qu’un début d’exemple de l’étendue des possibilités pour consommer le moringa ! Dans nos boissons ; jus, tisanes, latte ; ou bien dans nos plats classiques : omelettes, pesto, soupe ; et même en pâtisserie : financiers au moringa, banana-bread et bien d’autres ! Il existe une infinité de créations possibles pour le consommer ! 

Quelques liens et idées de recettes ci-dessous :  

https://www.moringaandco.com/recettes/  

https://www.nutu.net/recipes-moringa-nutu

3ème comité de pilotage du projet KOBABY à Madagascar

Le 4 novembre dernier, le projet KOBABY (dont la mise en œuvre est facilitée par une équipe d’assistance technique composée de Oréade Brèche, APMM et Kinomé) a tenu son 3ème comité de pilotage (COPIL). A l’instar du conseil d’administration d’une entreprise le COPIL est l’organe délibératif chargé d’assurer la supervision de la mise en œuvre et de donner les orientations politiques et stratégiques du projet. 

 

KOBABY ayant la particularité d’être un projet intégré, décentralisé, multi-sectoriel et multi-acteurs (au niveau de la région DIANA, à l’extrême Nord de Madagascar), cette réunion annuelle (qui se tient normalement à Antsiranana) s’est tenue exceptionnellement à Antananarivo du fait des contraintes persistantes liées au covid. 

 

Grâce à la participation active de l’ensemble des participants (représentants du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, MEDD, maitre d’ouvrage du projet ; des autres ministères sectoriels concernés, notamment le Ministère en charge de la Décentralisation ; des gestionnaires d’aires protégées ; des communautés ; des maires ; des partenaires stratégiques : projets PIC/Banque Mondiale et PAGE GIZ  et de l’Agence française de développement, principal financeur de ce projet aux côtés de l’Etat malagasy) et sous la Présidence du Secrétaire Général du MEDD, les rapports techniques et financiers 2020 ainsi que le plan de travail annuel budgétisé 2021 ont été validés et des échanges constructifs ont pu avoir lieu. L’année 2021 est une année de tous les défis pour laquelle le point d’équilibre entre conservation et développement doit être trouvé et chaque institution représentée engagée pour une meilleure mise en œuvre du projet ». 

 

 

 

Kobaby Madagascar 2020

Kobaby Madagascar 2020

Neutraliser les émissions de GHS grâce à la régénération des écosystèmes et à l’impact social

Kinomé, l’ONG de terrain péruvienne A.I.D.E.R. et leur partenaire Astris Finance, déploient un projet de conservation de la forêt sèche de la région de Piura et d’amélioration des conditions de vie des populations locales. Le projet s’appuie sur des accords communautaires avec le village de Ternique : les habitants choisissent un projet collectif qu’ils souhaitent mettre en place et en échange, ils s’engagent dans la protection par Régénération Naturelle Assistée (RNA) d’un nombre d’arbre équivalent au coût du projet.  

 

La communauté de Ternique a choisi de co-financer la réparation du puit communautaire (installation d’une pompe avec panneau solaire) et la mise en place d’une parcelle collective de moringa. Le projet inclue également une étude pour évaluer avec précision le volume de carbone séquestré par les arbres de la forêt sèche de Piura.  

 

Malgré les retards liés à la pandémie, les habitants ont avancé dans la protection des arbres avec, à date, 4122 individus protégés. 

 

Le covid-19 a fortement impacté la communauté : au Pérou, le confinement s’est étendu jusqu’au mois de juillet, des restrictions restent actives dans certaines régions ce qui rend les déplacements et l’acheminement de matériel difficiles. 

 

Dans les prochaines semaines, la communauté va continuer la protection des arbres par RNA et les réparations du puits pourront commencer.  

 

installation des barrières de protection autour des jeunes arbres pour éviter qu’ils ne se fassent manger par le bétail

installation des barrières de protection autour des jeunes arbres pour éviter qu’ils ne se fassent manger par le bétail

Préservation des forêts sèches et de la culture du Moringa, au nord du Pérou

  • Préservation des forêts sèches et de la culture du Moringa, au nord du Pérou (filière moringa avec PROGRESO et GoodPlanet) 

Le projet vise à développer une filière durable de moringa (Moringa oleifera), plante hautement nutritive et adaptée aux conditions climatiques locales, permettant de diversifier les systèmes agricoles existants (élevage, cacao, banane, mangue), de créer de nouvelles activités génératrices de revenus et de lutter contre la malnutrition, tout en préservant la forêt sèche.  

 

La crise sanitaire a fortement impacté le projet, entrainant des retards dans les plantations. Les activités de terrain ont repris depuis juillet, avec en particulier : 

 

  • La finalisation de 2 pépinières à Buenos Aires et La Matanza, pour produire respectivement 4000 et 1500 plants de moringa 

 

  • L’animation d’un atelier de cuisine au moringa avec la communauté de El Progreso 

 

Dans les prochaines semaines, des formations vont être animées avec des producteurs et le séchoir communautaire de El Progreso va être améliorer.  

 

 

femmes de El Progreso durant l’atelier de cuisine au moringa

Femmes de El Progreso durant l’atelier de cuisine au moringa

Des nouvelles du programme ougandais

Le conflit humains-animaux est très fréquent en Afrique, et les pertes liées à la consommation des cultures par la faune sauvage crée de l’insécurité alimentaire, ce qui accroit la pauvreté et entrave le soutien local aux efforts de conservation. Par ailleurs, pour tenter de réduire les dommages, les fermiers utilisent souvent des méthodes vulnérantes pour les animaux.  

 

Le travail doctoral de Julie Bonnald, intitulé « Interactions Humains-Eléphants en zone d’interface agriculture-forêt », a pour objectif d’analyser ces relations dans une région où le conflit est exacerbé par la proximité entre les cultures humaines et l’habitat des éléphants. L’objectif est de proposer des mesures efficaces et non-violentes pour améliorer les conditions de vie des communautés locales, et réduire la pression de braconnage sur la faune sauvage. Encadrée par Sabrina Krief (Professeure du Muséum national d’Histoire naturelle) et Nicolas Métro (Kinomé), son travail pluridisciplinaire bénéficie d’un contexte particulier associant dix ans de recherche sur le terrain du Sebitoli Chimpanzee Project (SCP), 20 ans de recherche de l’équipe Eco-anthropologie du MNHN dans la région sur les relations humains-animaux, à l’expérience pratique de Kinomé dans le conseil aux institutions de développement et dans la création et le suivi de projets de terrain visant à améliorer la qualité de vie des populations rurales dans de nombreuses régions du monde. 

 

Le site d’étude est situé dans la zone de Sebitoli, dans le nord du parc national de Kibale (PNK) en Ouganda, où les communautés locales décrivent deux types d’éléphants dont l’un, petit et sombre, serait plus agressif et difficile à repousser. Des études génétiques réalisées préalablement dans cette région de l’Ouganda ont permis de mettre en évidence la présence des deux sous-espèces d’éléphants d’Afrique : l’éléphant de savane (Loxodonta africana africana) et l’éléphant de forêt (Loxodonta africana cyclotis), ainsi que des hybrides. Ce travail de thèse a confirmé grâce à des analyses morphologiques et génétiques la présence dans la zone de Sebitoli de ces deux sous-espèces ainsi qu’une grande proportion d’hybrides. 

 

 

À partir d’entretiens menés toutes les semaines durant deux ans (Mars 2018 – Février 2020) auprès de 31 fermiers appartenant à 6 villages adjacents à la forêt, nous avons pu avoir une meilleure compréhension des comportements des éléphants lors de leurs excursions dans les champs, ainsi qu’une vision globale sur les interactions entre les humains et ces animaux dans cette zone. 

 

Les premières analyses des entretiens, rapportant 473 observations d’éléphants, montrent que :  

 

  • Les éléphants viennent toute l’année dans les champs, avec des pics d’activités lorsque les cultures s’approchent de la maturité, jusqu’à la fin de la récolte et qu’ils sont attirés par un large spectre de cultures. 

 

  • Les éléphants entrent dans les champs presque exclusivement la nuit. 

 

  • Nous retrouvons aussi bien des mâles (solitaires ou en petits groupes) que des groupes familiaux constitués de femelles et de leurs petits, contrairement à ce qui est observé dans d’autres zones où seuls les mâles viennent consommer les cultures humaines.  

 

  • Les fermiers faisant partie de notre étude ne distinguent pas les deux sous-espèces morphologiquement, mais rapportent des comportements agressifs, notamment par les groupes familiaux comportant de jeunes individus. 

 

  • Quatre grands types de méthodes sont utilisés par les fermiers pour protéger leurs champs des éléphants : faire du bruit (cris, tambours…), éclairer les animaux avec une lampe torche, faire un feu en bordure du champ, et jeter des objets (pierres, bâtons, mottes de terre…). Lorsque les éléphants sont trop insistants ou deviennent agressifs, les villageois peuvent appeler les autorités du parc (UWA) afin qu’ils viennent effectuer des coups de fusil dissuasifs. 

 

  • Des méthodes dites passives sont également retrouvées à certains endroits de la bordure de la forêt : des tranchées, des clôtures de ruches et des zones tampons composées de thé.  

 

  • Contre toute attente, les villages en bordure de la forêt sont affectés différemment par la venue des éléphants (en termes de fréquence et impacts des visites), même entre deux villages distants de quelques kilomètres. Entreraient en ligne de compte, les méthodes passives en place à la bordure des champs, la distance entre les champs et la forêt ou encore les espèces cultivées. 

 

Ce travail de recherche confirme la nécessité de garder une vision globale dans le conflit homme faune et les solutions pour atténuer le conflit entre les humains et les éléphants doivent être pensées à une échelle fine, car des disparités peuvent être observées entre les villages et au sein même des villages.

Le Projet ALBIA officiellement lancé par la République du Tchad et la Banque Mondiale.

Photo Projet ALBIA – Tchad

 

En début d’année 2020, Kinomé avait été mandaté par la Banque Mondiale afin de coordonner les études sectorielles destinées à finaliser la préparation d’un vaste projet de conservation et de développement local dans et autour de la Réserve de Faune de Ouadi Rimé – Ouadi Achim au Tchad. D’une superficie de près de 80 000 km2, cette vaste réserve concentre de nombreux enjeux environnementaux, sociaux et économique qu’il fallait appréhender dans une vision globale. Yohann Fare et Guillaume Arthaud ont donc animé une équipe pluridisciplinaire d’une douzaine d’experts nationaux et internationaux en inventaires de la faune ou de la flore, agriculture et pastoralisme, genre, foncier, participation citoyenne, prospection hydrologique, hydraulique, etc. … Bon vent au projet ALBIA !

 

Le risque climatique en Côte d’Ivoire

Kinomé a réalisé au premier semestre 2020 avec Baastel et une équipe d’experts partenaires (Marc Daubrey, Nick Dale, Blandine L’Heveder) un profil de risque climatique du secteur agricole de Côte d’Ivoire. 

 

Cette étude financée par le Fonds Vert Climat vise à :

  • Faire une synthèse des risques climatiques du secteur agricole du pays par culture et par zone,  
  • Modéliser l’impact macro-économique pour les filières principales (manioc, cacao, etc.) 
  • Evaluer les risques à court-terme et moyen-terme du secteur  
  • Donner des bases de construction d’un indice de vulnérabilité du secteur agricole et des orientations pour des futures études de vulnérabilité sur le terrain 

 

En Côte d’Ivoire la température moyenne nationale a augmenté de 0,5 à 1,0 °C depuis 1961 et les études les plus récentes prévoit que les températures augmenteront jusqu’à 1,8 °C en 2050 et 2,1 °C en 2070, et 3°C à la fin du siècle, les plus fortes hausses étant enregistrées dans le Nord et l’est du pays. Ces augmentations de température menacent non seulement la production et les rendements agricoles mais aussi l’intégrité physique des populations du nord du pays, et en particulier des agriculteurs. Le nombre de jours par an avec une température apparente supérieure à 39°C passera de moins de 20 jours/an à plus de 100 jours/an dans le Nord d’ici la fin du siècle.  

 

Cette étude montre que les impacts des changements climatiques diffèrent pour les produits agricoles de base. Le riz ou les racines et tubercules devraient bénéficier des changements de conditions climatiques tandis que les légumes et autres céréales sont fortement affectés par l’évolution du changement climatique (-4,3% et -12% de rendement par rapport à un scénario sans changement climatique). Les impacts du changement climatique englobent d’autres aspects majeurs pour la vie et la vulnérabilité des populations telles que la destruction d’infrastructure et pertes nettes agricoles lors d’évènements extrêmes (sécheresses, feux, inondations), le déplacement des zones de culture, et la forte variabilité des rendements. 

 

La restitution et la formation à l’indice de vulnérabilité a eu lieu fin septembre à l’occasion de la première mission terrain de l’équipe Kinomé depuis février orchestrée par Damien Kuhn en Côte d’Ivoire.