Révision de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) de la République de Guinée

Cinq ans après son adoption à Paris lors de la 21ème Conférence de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), l’Accord de Paris sur le climat est devenu effectif en 2020. Alors que la science démontre avec régularité l’ampleur des efforts à fournir au niveau mondial pour respecter l’engagement collectif, la République de Guinée a réaffirmé, en 2020, son engagement à contribuer à la riposte mondiale contre la menace des changements climatiques à travers l’actualisation de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) soumise en 2015 (accord de Paris, Art.4.9) point de départ officiel du processus de Paris. C’est donc à partir de cette CDN que la République de Guinée, comme tous les autres pays-Parties à l’Accord, devra démontrer ses progrès et réévaluer tous les 5 ans ses engagements (mécanisme de l’ambition). 

 

La CDN a donc été actualisée, une première fois, en 2020. Eu égard à son statut de Pays les Moins Avancés (PMA) et l’importance de ses besoins de développement, la République de Guinée avait alors maintenu, en 2020, l’objectif annoncé en 2015 de la réduction de 13% de ses émissions en 2030 par rapport au scénario tendanciel de référence (sur la base des données 2020 actualisées), soit 7686 kTCO2/an en 2030. Cela correspond à une croissance des émissions de 2,6% par an sur la période 2020-2030 comparée à une croissance de 3,9% par an d’après le scénario tendanciel.  

 

Pour atteindre ces objectifs d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, la CDN envisage plusieurs mesures telles que le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la diminution de la pression sur les forêts par la mise en œuvre d’une gestion durable des ressources forestières, des terres et des engagements progressifs du secteur minier en matière de neutralité carbone.  

 

A la faveur de nouvelles données disponibles, et d’une ambition réaffirmée de l’Etat guinéen, la Banque Mondiale, en collaboration avec le Gouvernement Guinéen, a mobilisé l’expertise du consortium Kinomé – Clima Capital Partners – Projections pour effectuer une révision de la CDN en juillet 2021. Cette révision intègre :  

 

  • Le secteur de la forêt : depuis la mise à jour de la CDN en 2020, des travaux complémentaires ont été réalisés pour établir une situation de référence des émissions du secteur forestier (NERF). Sur la base de ces résultats, l’équipe de consultants a exploré des options de réduction des émissions dans le secteur forestier en Guinée ; 
  • Le marché carbone : intégration dans la CDN d’une volonté d’explorer le marché carbone et les solutions de l’article 6 ; 
  • Intégration des résultats de la Troisième Communication Nationale : consolidation de la situation de référence de la CDN et des objectifs de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre ; 
  • Intégration de secteurs supplémentaires : agriculture, transports et déchets dans la situation de référence et le scénario Business-As-Usual ; 
  • Révision des objectifs sectoriels et de l’objectif global : sur la base des stratégies nationales sectorielles et des émissions de GES actualisées, l’équipe de consultants a révisé les objectifs de réduction des émissions de l’agriculture, des transports et des déchets ainsi que le l’objectif global de réduction des émissions de la CDN de la Guinée.  

 

Photo de famille prise lors de l’atelier de validation de la CDN 2021 de la République de Guinée

 

L’intégration de ces nouveaux éléments dans la CDN a nécessité leur validation au cours d’un atelier national qui s’est tenu le 21 juillet 2021 par
visio-conférence. L’objectif de cet atelier était de s’assurer que les principales parties prenantes nationales partagent la compréhension des nouveaux objectifs et sont alignés sur ceux-ci. Lors de cet atelier réunissant une cinquantaine de personnes et présidé par le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts, les consultants ont présenté la CDN révisée 2021. A l’issue de cet atelier, les participants ont validé le document sous réserve de la prise en compte des remarques et suggestions faites.  

 

Cette CDN révisée peut être consultée sur le site de la CNUCC au lien suivant : https://www4.unfccc.int/sites/ndcstaging/PublishedDocuments/Guinea%20First/CDN%20GUINEE%202021_REVISION_VF.pdf. 

Légende : Photo de famille prise lors de l’atelier de validation de la CDN 2021 de la République de Guinée  

5 ans de l’Accord de Paris : l’action de Kinomé pour l’adaptation au changement climatique en Afrique de l’Ouest

Depuis l’Accord de Paris sur le climatil y a un début de prise de conscience mondiale de l’urgence d’agir pour le climat. En Afrique, de nombreux pays agissent depuis cinq ans pour adapter leur développement économique, leur agriculture ou encore la gestion de leurs forêts, face au changement climatiqueC’est le constat que fait Damien Kuhn, directeur des opérations internationales chez Kinomé, qui accompagne plusieurs gouvernements d’Afrique de l’Ouest dans la révision de leurs priorités pour le climat.  

 

Au mois de décembre 2020, l’Accord de Paris sur le climat célébrait ses cinq ansEn 2015, à l’occasion de la COP21, 183 pays se sont engagés à agir pour contenir la hausse des températurede la planète en dessous de 2 °CA l’échelle des pays cet engagement s’est traduit en objectifs de « contributions déterminées au niveau nationales » (CDN). Revues tous les 5 ans, les CDN donnent le cap et permettent de mettre en place des solutions concrètes d’atténuation et d’adaptation au dérèglement climatique. Malgré certains blocages politiques qui ont mis à mal la réalisation des engagements pris par les pays signataires, de nombreux gouvernements ont agi pendant ces cinq ans en faveur de leur transition écologiqueEn Afrique, des pays comme la Côte d’Ivoire ont par exemple beaucoup investi dans les énergies renouvelables, se dirigeant ainsi vers un développement décarbonné. 

 

Kinomé a réalisé un profil de risque climatique du secteur agricole de Côte d’Ivoire, 2020

 

Depuis un an, Kinomé accompagne les gouvernements de la République du Congo (Congo-Brazzaville), de la Côte d’Ivoire et de la République de Guinée dans la redéfinition de leurs CDN. Grâce à sa vision globale, Kinomé pilote des groupes de travail dans les secteurs de l’agriculture et de la gestion des forêts, en y associant tous les acteurs concernés 

L’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses impacts au niveau local sont des thèmes centraux de l’Accord de ParisComprendre comment le changement climatique impacte la vie quotidienne des populations est donc une étape essentielle pour mettre en place de solutions efficacesC’est donc en concertation avec des groupes d’habitants, des associations, les collectivités locales et services techniques des régions, que Kinomé fait émerger les enjeux au niveau local. En Côte d’Ivoire, le changement climatique pose par exemple deproblèmes de santé pour les habitants de certaines régionsLes variations climatiques font que les pluies tombent moins souvent mais de façons plus fortes, provoquant des problèmes d’érosion et d’eau stagnante. Cela favorise la propagation de maladies et de moustiques porteurs du paludismeSur la base de cette première étude Kinomé propose alors aux gouvernements des mesures d’adaptation qui pourront être déployées à grande échelle par les ministères des secteurs concernés 

 

Mangroves, Sénégal, Projet Collectif 5 Deltas

 

Avec l’objectif d’impulser la résilience des écosystèmes face au changement climatique, Kinomé coordonne également des projets plus opérationnels. Sur les zones côtières en Guinée Bissau et au SénégalKinomé fait partie du Collectif 5 Deltas pour protéger les mangrovesLa montée des eaux et l’érosion mettent en péril l’écosystème des mangroves et l’activité économique de nombreux habitants de la région qui en dépendent pour la production d’huîtres, de coquillages et de poissons. Le projet du Collectif 5 Deltas a permis de planter plus de 2 millions de palétuviers sur les deux dernières années. Les arbres plantés restaurent les zones côtières dégradés, préserve l’économie locale et séquestrent le CO2 de l’atmosphère. Cette initiative privée, portée par le Collectif 5 Deltas (le Collectif regroupe ADWAC, APIL, APTE, ASAPID, COSPE, FFHC, ECLOSIO, Grdr Migration-Citoyenneté-Développement, Kart, Kinomé, Le Partenariat, Nebeday, TARUD, United Purpose) contribue ainsi à la réalisation des objectifs du Sénégal et de la Guinée Bissau dans le cadre de leur CDN de l’Accord de Paris.  

 

La prise en compte des impacts du changement climatique sur la vie quotidienne des populations sera déterminante ces cinq prochaines années pour la réalisation, à l’échelle de chaque pays, des objectifs fixés par l’Accord de Paris. Aujourd’hui, démarre en ligne le Sommet pour l’Adaptation aux Changements Climatique. Organisé en préparation de la COP26 qui se tiendra cette année à Glasgow, le sommet sera l’occasion pour les gouvernements de réaffirmer leurs engagements pour le climat et aux acteurs locaux et mondiaux qu’il rassemble de trouver des solutions concrètes et innovantes pour l’adaptation et la résilience des sociétés face aux impacts du dérèglement climatique.