Le risque climatique en Côte d’Ivoire

Kinomé a réalisé au premier semestre 2020 avec Baastel et une équipe d’experts partenaires (Marc Daubrey, Nick Dale, Blandine L’Heveder) un profil de risque climatique du secteur agricole de Côte d’Ivoire. 

 

Cette étude financée par le Fonds Vert Climat vise à :

  • Faire une synthèse des risques climatiques du secteur agricole du pays par culture et par zone,  
  • Modéliser l’impact macro-économique pour les filières principales (manioc, cacao, etc.) 
  • Evaluer les risques à court-terme et moyen-terme du secteur  
  • Donner des bases de construction d’un indice de vulnérabilité du secteur agricole et des orientations pour des futures études de vulnérabilité sur le terrain 

 

En Côte d’Ivoire la température moyenne nationale a augmenté de 0,5 à 1,0 °C depuis 1961 et les études les plus récentes prévoit que les températures augmenteront jusqu’à 1,8 °C en 2050 et 2,1 °C en 2070, et 3°C à la fin du siècle, les plus fortes hausses étant enregistrées dans le Nord et l’est du pays. Ces augmentations de température menacent non seulement la production et les rendements agricoles mais aussi l’intégrité physique des populations du nord du pays, et en particulier des agriculteurs. Le nombre de jours par an avec une température apparente supérieure à 39°C passera de moins de 20 jours/an à plus de 100 jours/an dans le Nord d’ici la fin du siècle.  

 

Cette étude montre que les impacts des changements climatiques diffèrent pour les produits agricoles de base. Le riz ou les racines et tubercules devraient bénéficier des changements de conditions climatiques tandis que les légumes et autres céréales sont fortement affectés par l’évolution du changement climatique (-4,3% et -12% de rendement par rapport à un scénario sans changement climatique). Les impacts du changement climatique englobent d’autres aspects majeurs pour la vie et la vulnérabilité des populations telles que la destruction d’infrastructure et pertes nettes agricoles lors d’évènements extrêmes (sécheresses, feux, inondations), le déplacement des zones de culture, et la forte variabilité des rendements. 

 

La restitution et la formation à l’indice de vulnérabilité a eu lieu fin septembre à l’occasion de la première mission terrain de l’équipe Kinomé depuis février orchestrée par Damien Kuhn en Côte d’Ivoire.